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 (gabriel) la rue

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Invité

MessageSujet: (gabriel) la rue   Sam 12 Jan - 21:07

nous marchions tous les deux, dans cette ville, solitaires,
faisant brillonner le bleu qui battait dans nos artères.


je descends du singe, du grand primate, de l'homme à barbe. je suis sienne je suis femme je suis elle. qui doit l'aimer, le chérir, s'en occuper. je suis elle. je descends du loup, je suis l'erreur, je suis la violence des passions, je suis le trop plein de rien. je suis la science et les arts, je suis l'évolution du passé, les chromosomes de l'avenir. je suis ce qu'on dit être doué d'intelligence, ce qui tendrait à devenir l'affirmation du pouvoir sur du magma un peu trop chaud de mes idéaux en ébullition. je suis création divine, merveilleuse, fabuleuse. je suis un monstre qui renie sa monstruosité. alors, je marche vers la fin des temps avec cette seule certitude; je survivrai. (sur mars ou ailleurs)

rampant contre les murs d'une rue trop rue, je change pour l'instant cette peau greffée contre mes os. je suis un animal. comme elle, un animal. je suis, cette fois-ci, quelque chose, faute d'un jour pouvoir être quelqu'un. je regarde la guerre vue d'en bas et me soucis de besoins primaires tels que me trouver à manger. je suis un oiseau blessé qui ne vole plus par désir, un oiseau qui a sacrifié ses ailes pour pouvoir marcher comme elle. et la suivre, qu'importe la ville, qu'importe le pays, qu'importe l'océan. la suivre au rythme du courant, lui tirer les cheveux un peu trop souvent pour garder son chemin. alors, je suis animal. dans une rue aux pierres inconnues, je suis animal.
il est presque tard et j'entends les mouettes sur le toit des bâtiments avoisinants. je cherche la pension, c'est comme ça qu'elle l'appelle, voilà, la pension, pour la retrouver. mais la nuit me poursuit et j'en oublie ma recherche. je suis assise sur mes pieds dans cette rue si mince que je ne peux m'y allonger. la peau sur les os, je soupire encore un peu avec espoir de faire froid, faire froid à l'air devenu trop chaud pour ma peau d'animal. quand soudain. quand soudain passe au-dessus de moi un vrai loup sombre noir énorme gigantesquement poilu. qui tombe à mes pieds de l'autre côté. l'homme loup écorche le sol et j'ose un regard pour savoir si les pavés de sa citée ne se sont pas égarés. l'home que j'ai fait tomber par mes jambes cachées dans le noir ne se relève pas. je crois, je crois bien, qu'il est tombé de haut. je prends mes jambes sur mes pieds pour me lever à ses côtés et le regarder dormir. pour le réveiller je veille à vérifier qu'il ne souffrirait pas, puis mes paumes sur son front lui redonnent la vie.

vous êtes tombé par ma faute, je crois. il fait trop noir pour y voir.
silence. il me regarde. encore sonné, il me regarde.
je m'appelle dag. je suis désolée.
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Invité

MessageSujet: Re: (gabriel) la rue   Mar 29 Jan - 2:14

Sans souffle. Déchiré entre ses parois intérieures et celles du ciel. Survivant parce que kleptomane spécialisé dans l'oxygène qu'il offre à son corps comme un poison. Il aimerait avoir la sensation de s'envoler. La sensation d'ouvrir sa cage thoracique à la suite du temps, de la vie, de sentir la liberté caresser ses joues et désordonner ses cheveux comme une amante. Mais non: l'air qui s'insinue dans ses poumons, il le laisse passer par réflexe, comme un malade des sens s'offre sa dose. Il n'y songe même plus. Sans souffle non pas parce qu'il veut la mort, non plus parce qu'il coupe sa respiration comme un enfant qui joue à se croire poisson, mais parce qu'il ne sait plus ce qu'est vivre pleinement, en brûlant les deux bouts de la mèche. Cette possibilité là, Louison lui a enlevée en lui enlevant ses loups. Non, c'est fini Gabriel. On n'utilise pas la fréquentation assidue d'animaux majestueux comme prétexte de vie. Apprend à vivre autrement, voilà la dictature que ce qui te lie à moi t'instaure. Je suis belle, obéi donc. Et oui, tu vas passer un certain temps à te lamenter, à rabâcher tes mêmes soucis comme un petit vieux qui prend le parti de ne pas agir à leurs propos puisqu'il atteint de toute façon la fin de sa vie et que, à quoi bon...Tu vas te croire petit vieux qui n'a plus à avoir de but dans la vie.
Désaxé, Langlois bouffe sa rage en marchant dans les rues d'Almayer avec une détermination qui s'oppose absolument à son manque d'objectif. Il se sent merdique, à constater qu'il ne se suffit pas à lui même, qu'il est absolument dépendant à deux entités. Il aimerait dire merde à Louison, prendre ses affaires sous le bras et filer comme un poète qui se baptise maudit. Il aimerait aller éprouver l'amour dans d'autres bras et constater qu'elle n'est pas grand chose, finalement, cette absurde jeune fille à qui il a consacré une longue partie de sa vie sans pour autant la faire sienne, ou se faire sien. Il aboie, court et griffe. Il sait bien qu'à Almayer, il ne trouvera rien ni personne capable de le retirer de ses propres pensées. Il n'imagine pas de changement de vie possible ici, puisque cet endroit lui ôte sa vie même, ne lui laissant rien qu'il puisse troquer. Ou du moins, il en est persuadé.

Alors, il met en scène ses rêves.
Comme une midinette qui ne veut pas le savoir mais s'avance vers une vie ratée.
Il s'imagine au dehors, c'est-à-dire tout à fait en dehors de lui.
De sa peau, ses os, ces balivernes un peu misérables qu'on lui a refilé à la naissance.
Il s'imagine voguer d'un corps à l'autre - tantôt directeur d'entreprise, tantôt acteur sur scène - spectateur de ses propres vies fantasmées.

Puis il prend du recul sur le procédé même qu'effectue son esprit, et se fout de sa propre gueule. Il retourne à sa propre enveloppe, un peu décharnée certes, mais qui tient la route, et vomit le cadre d'entreprise, le comédien qui joue tellement qu'il ne sait plus qui il est, puis l'enfant loup qui coupé d'eux ne sait plus bien vers quels êtres humains se tourner - lesquels seront aussi dignes de confiance que le sont mes carnivores camarades?
Il reprend son pas vif sur les trottoirs d'Almayer. Se répète "carnivores camarades" plusieurs fois très vite puis en rit parce qu'il fini par s'emmêler dans les syllabes et que, ma foi, la formulation est bien grandiloquente. Il est seul avec lui même dans la ville, ça le rend malade, malade de cet incompétent lui même qui est incapable de se connaître. Il s'allume une cigarette - il se raconte des blagues, se persuade que ça lui fait de la compagnie. Il respire de plus en plus profondément pour éprouver ses poumons et tenter désespérément de cesser de se sentir survivant et sans souffle - mais redevenir le flamboyant Gabriel qui vit avec fougue, violence, insolence. Il cherche à récupérer son souffle là où il n'est pas. S'emmerde à ne penser qu'à ses chaînes et à la haine qu'il éprouve au lieu de chercher à penser à autre chose - méthode qui serait sans doute plus efficace pour évincer les sensations d'écrasement dans sa poitrine. Il se dégoûte. Presse le pas vers nulle part.
La route vers nulle part, elle, ricane dans son coin aussi bêtement qu'un chat de Cheshire. Elle le voit avancer, trop perdu dans sa petite personne pour se préoccuper de l'extérieur, et décide de planter une ravissante jeune fille à l'horizontale sur son passage.
Gabriel se prend les pieds dans Dagmar violent, haineux, irascible. Il tombe penaud, naïf, enfant. Il prend le parti de ne pas se relever, de jouer l'ivre, l'idiot, le blessé grave. Il reste là, paupières closes. Il se prend à espérer qu'elle lui foutra la paix, qu'elle est aussi ivre que lui prétend l'être et qu'il n'aura pas à prendre la parole. Et pourtant, très vite, le contact chaud des mains de la jeune femme frôle son visage. Il n'ouvre pas encore les yeux. Il se laisse faire par le fléau moelleux, écoute ce qu'elle a à dire

Il voudrait ne pas répondre et rester là, étendu, laissé pour mort. Pas parce qu'il a envie de mourir, non, mais parce que jouer lui semble plus simple que d'agir véritablement. Il veut s'amuser. Après tout, en riant, on apprend à expulser l'air d'une autre manière, non?
Mais ses paupières s'ouvrent, ses pupilles varient leur taille pour s'adapter au monde et à la proximité du visage de la jeune femme. Et s'il l'embrassait? Non, Gabriel, qu'est-ce qu'il te prend. On ne dit pas encore bonjour comme ça, que je sache. Tu n'es pas un salopiaud qui chope les jolies demoiselles dans les coins.
Sans bouger le reste de son corps, il cherche sa cigarette derrière lui, du bout des doigts. Elle n'a pas pu tomber loin. Sa main gauche est écorchée. Il y cale pourtant le filtre une fois qu'il a trouvé sa proie, et tente de ne pas mêler le sang des plaies de son poignet aux plaies que sont ses lèvres. Il prend une longue bouffée qu'il recrache vers l'arrière pour ne pas importuner sa future interlocutrice. Attends...Encore une taffe, et...Ce n'est pas grave. Il fallait bien que je m'arrête de marcher à un moment que je n'avais pas tellement d'endroit où aller. Voilà: elle est officiellement son interlocutrice. Il prend le parti de ne pas trop jouer, et tant pis. Gabriel. Dag, c'est un nom étrange, et il voudrait lui demander si ça s'écrit comme la petite épée. A la place il tend ses mains légèrement abîmées, attrape les épaules de la jeune femme et la pousse tout doucement vers la gauche sans la lâcher pour pouvoir se mettre en position assise sans la heurter. Et alors, ici même le sol est agréable ou tu es simplement ivre? Il étire doucement les muscles meurtris de ses jambes et se met en tailleur. Plus de surprise que de mal, et bon moyen de faire la connaissance de quelqu'un. Il s'interroge sur ce que cette étrange jeune femme fait allongée en plein milieu de la rue. L'interroge. S'intéresse aux autres, se permettant de s'oublier lui même. D'enfin, respirer.
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