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 (gabriel) she wolf.

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Invité

MessageSujet: (gabriel) she wolf.   Mar 20 Nov - 16:18


GABRIEL LANGLOIS ;
« Qui n'a été terrifié par cette idée qu'il allait un jour oublier sa vie ? »

    Je déteste la nuit. Je déteste la nuit parce qu'il s'y passe des choses que personne ne voit. Gamine, y avait le monstre sous mon lit, que mon père venait chasser en embrassant mon front. Il me faisait la promesse que ça me protégerait et j'y croyais. Et puis, le monstre a disparu. Pourtant, je déteste toujours la nuit. Je déteste attendre, les yeux grands ouverts dans le noir. Je déteste l'absence de bruit, l'absence d'odeurs, l'absence de tout. Comme si mon monde se mettait sur pause. Oui, je n'arrive plus à dormir, c'est parce que j'ai peur que pendant ces moments de pause justement, les sirènes se mettent à hurler et qu'il faille partir à nouveau. La nuit est une femme séduisante qui peut vous trahir. Il suffit de le savoir. Alors allongée sur le matelas qui me sert de lit, je pousse un soupire avant de me tourner une nouvelle fois sur moi même. Je pourrais lire, ou trouver un quelconque moyen d'occuper ma nuit, sauf que j'aurai trop peur de réveiller tous ces marins endormis. Les gens ici sont tous marins. Je vous jure. Ils parlent de la mer comme chez moi on parlait de femmes, de voitures ou d'alcool. L'envie et la fascination. Et puis, dans cette chambre, y a même pas l'heure, et j'ai jamais su parler à la lune. Alors je me décide et je me lève. Ça ne sert à rien de rester là, seule. Un tête avec tête avec une cigarette s'impose. Et puis pourquoi pas la mer. Parce que d'ici, c'est proche. Il suffirait de marcher quelques minutes pour pouvoir toucher le sable. Oui, j'attrape mon paquet de cigarette, et je me glisse à travers la porte. C'est ce que je fais le mieux : sortir discrètement. Ne pas être entendue. Pourtant, le bois grince, et le vent qui s'abat contre les volets est similaire au hurlement d'un loup. Mais je n'ai pas peur. J'ai peur de la nuit mais pas des bruits qu'elle crée. Au contraire. J'aime cette absence de silence tellement familière, comme quand planqués derrière les rideaux trop lourd d'un hôtel miteux, nous attendions le jour, bercés par les cris des ivrognes. Alors je pousse la porte du bâtiment et glisse une cigarette entre mes lèvres. J'avais oublié le froid. Voilà pourquoi le vent venait taper aux carreaux : pour me rappeler sa présence. Mais j'ai oublié. Alors oui, j'ai froid comme si tout mon corps venait de plonger sous une douche trop froide. Mais peu importe, je ne retournerais pas à l'intérieur, je ne remettrais pas les pieds dans cette chambre devenue déserte. Alors la flamme vient se nourrir de la cigarette, je ferme les yeux, mais seulement un instant. Parce que brisant mon silence, j'entends des pas, des pas qui se rapproche. Je veux savoir, j'ai toujours voulu savoir. Alors j'ouvre les yeux et cherche l'identité de l'ombre. Je souris. Parce que je connais trop bien cette façon de marcher, ces épaules tombantes sur ce corps fatigué. Parce qu'il est forcément fatigué, c'est comme ça que se terminent les courses poursuites. Gabriel, mon Gabriel. Héro de mes nuits, celui qui avant les occupait avec moi, quand on partageait les chambres pour économiser un peu d'argent. J'aimais ça. J'aimais ça parce qu'à sa manière, il était rassurant. Alors oui, j'irais bien vers lui. Courir dans sa direction comme dans les films. Lui demander d'où il vient, ce qu'il faisait. J'aime quand il raconte des histoires. Sauf que je m'en fiche, de là où il vient. C'est ça le deal. Je me fiche de tout tant que ça le concerne lui. Pourtant, je me pose la question. Je sais pas pourquoi il ne fait jamais comme tout le monde, pourquoi solitaire, il ère comme un loup. Mais je ne demanderai pas. Je ne demande jamais. La cigarette au bout des doigts, je me contente de m'asseoir sur le s escaliers de la terrasse. Il viendra, parce qu'il vient toujours. Il est comme ça Gabriel. Toujours là.
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Invité

MessageSujet: Re: (gabriel) she wolf.   Ven 11 Jan - 23:10



Puis c'est nous les maudits
Puis c'est nous les pourris
Puis c'est nous les paumés

Des feuilles brisées par d'anciens pas emmêlent les mèches courtes de ses cheveux, de la terre sèche vient réchauffer ses tempes à peine apaisée.
De l'extérieur, il doit paraître bien ridicule. Un adulte, allongé sur le sol d'une forêt de pacotille, s'enfonçant dans le sol comme un gosse qui joue ou un chien qui s'ébroue. Gabriel a passé toute la journée à atteindre la forêt la plus proche d'Almayer dans l'illusion qu'il y trouverait ses loups. En vain. Tu es bien absurde, mon vieux, d'avoir pu croire que ces bêtes sont aussi attachées à toi que tu l'es à elle, assez pour te suivre dans ce trou paumé bien trop proche de la mer. Après une heure de recherche - peut être plus, il ne sait plus - il avait fini par se laisser tomber à terre. Que des sales bestioles lui grimpent dessus, il n'en avait plus rien à faire. Et même, qu'elles le rongent donc! Qu'elles s'emparent de ce corps idiot qui hurle à la lune qu'il crève d'envie de s'enfuir, et qui est pourtant absolument incapable de le faire. Qu'elles lui enlèvent son corps et alors, peut être, il aura la force d'agir. Il passe distraitement ses doigts sur les différentes matières qui l'environnent. Quelques cailloux, des feuilles encore, de la terre encore, une pauvre araignée qu'il dérange dans sa migration. Il s'enfonce encore plus dans le sol tout en s'enfonçant dans le ciel qui le surplombe, qu'il observe comme un noyé qui tente désespérément de s'y raccrocher.
Et puis il abandonne. Le sentiment de ridicule l'emporte. Il se relève en position assise. Je fuis comme un enfant croit s'enfuir dans les rares jeux qu'il crée dans son imagination. Grandis. Grandis-toi, Gabriel. Cette gigantesque carcasse a plus de ressources que le simple recours à des bêtes sauvages. Il se lève, tout à fait cette fois. Lève les bras, les étire jusqu'à leur limite, tire sa colonne vertébrale, s'élève. L'air s'enfonce dans ses poumons, sans lui demander son avis. Puis il laisse tous ses membres aller, s'écrase comme un pantin, revient à sa position naturelle. La sensation est aussi violente que s'il s'était délibérément laisser effondrer au sol. La sensation d'amélioration est minime, mais elle est là, tout de même.
Le sentiment d'impuissance laisse vite place à la colère. La colère, elle, toute mesquine qu'elle est, s'incarne dans son esprit sous les traits de Louison. Oh, ma Lou, quel genre de saloperie es-tu devenue pour décider de me fabriquer une prison pareille? Peut être que tu es trop naïve, mon idiote, et que tu crois que cette foutue belle plage, ce soleil imbécile, cette mer impétueuse font illusion, et que je vais finir par m'y croire tout à fait bien? Laisse-moi-sortir. Je-crève. Je suis en train de crever de la même agonie lente par laquelle passe un blessé de guerre critique. Serait-ce pareil si tu étais laide? Si tu m'étais toujours aussi indifférente que lorsque tu avais quinze ans? Il lui écrase un bâton de rouge à lèvres sur la gueule. Lui parcoure le visage d'une boue immonde. Lui rase les cheveux de manière complètement inégale. Puis éclate, seul dans la forêt, d'un rire fou, un rire jaune. Ca ne change rien. Tu as toujours été belle, même laide. Je te hais.

Il ne prend conscience qu'après coup qu'il s'est mit à courir. Ses pas heurtent le sol, résonnent dans le couvert des arbres de la forêt désespérément vide. Il a envie de hurler. Se contient. Il court jusqu'à l'épuisement et très vite sort de la forêt, si ridiculement petite. Il court jusqu'à voir se profiler les toits des maisons d'Almayer. Son ombre s'écrase mollement sur l'entrée de la ville - son ombre, comme au moment de midi, rétrécit tout à fait quand il pose le pas sur le premier trottoir qui borde la première rue de la ville. Il était géant il n'y a que quelques minutes, et entre dans la cité comme un homme ridiculement normal. Le coucher de soleil qui se profile à l'horizon est beau, terriblement beau, et il trouve ça absolument obscène. Il ralenti le pas, le corps brûlé par le manque de souffle. Il s'arrête tout à fait le temps d'allumer une cigarette comme pour reprendre le contrôle de sa respiration et en profiter pour l'abîmer un peu plus. Il évite le regard des rares personnes qu'il croise, refusant toute conversation. Presse le pas pour atteindre sa chambre. Une fois à l'intérieur, il s'assied sur le parquet, y écrase sa cigarette, en allume une nouvelle. Il atteint que le coucher de soleil finisse sans qu'il ai à en subir la vue.
Il pense sans vouloir se l'avouer aux différentes manières de séparer son esprit de Louison. De se séparer de Louison. Sept cigarettes écrasées sur le sol plus tard, il devient incapable de supporter les hypothèses machiavéliques de sa foutue cervelle qui ne s'arrête même pas quand il lui demande poliment, quand il lui gueule dessus ou passe ses mains sur son visage pour le distraire. Il chantonne un air qui lui dit quelque chose - il ne veut pas savoir quoi - et sort.
Il fait tout à fait nuit maintenant. La mer fredonne sa rengaine imbécile d'amoureuse du sable qui vient à sa rencontre toutes les cinq secondes. Ta gueule, la mer. Tu es niaise à crever. Il n'a aucune idée de quoi faire de son corps, de ces dix doigts grotesques, de son visage clownesque. Il enchaîne une série de grimaces immondes - ça ne lui procure aucun bien. Il est distrait de sa tâche par une silhouette qui se profile un peu plus loin. Il se déteste de la reconnaître immédiatement. Se frotte le visage jusqu'à ce que ça en devienne douloureux, comme pour se punir. Il sait qu'elle l'a vu. La méprise comme on méprise une sale gosse pourrie gâtée de savoir qu'elle est sure qu'il va la rejoindre. Se méprise d'accomplir le premier pas, puis le deuxième, et ainsi de suite. Inconsciemment, il laisse glisser ses doigts dans la poche de son pantalon et caresser la tranche de la fameuse feuille de papier froissé. "Sans moi, Gab." Quelle est exactement l'autorité qui a permis qu'elle puisse écrire ces mots et qu'il en soit strictement incapable? Et est-ce que s'il prenait la décision, pour de vrai, de partir, elle réussirai à ne pas le suivre, vraiment? Une voix mesquine dans sa tête lui murmure "Bien sûr. Et sans aucun scrupules." Il en pleurerait de rage. A la place, il s'assoit à côté d'elle et lui pique sa cigarette comme un gamin capricieux. A-t-elle seulement conscience qu'il fait la gueule? Qu'elle est injuste, aussi injuste que les femmes belles comme elle peuvent se le permettre?

Il n'a aucune envie d'être le premier à parler. Il est bloqué par une boule dans la gorge qu'il assimile à l'orgueil. Il se répugne d'avoir envie de la protéger, de prendre soin d'elle, de la prendre dans ses bras pour qu'elle n'ai pas trop froid. Sa voix, feutrée par les émotions, par un espèce de bégaiement détestable, articule malgré tout. Je-te-déteste. Seulement sa voix, son avis, elle ne lui a pas demandé. Elle raconte le contraire de ce qu'il pense vraiment, la lance à la tête des gens, bardée d'une insouciance et d'un je-m'en-foutisme sans borne. Sa voix ne demande jamais son avis pour foutre la merde encore plus. Et le laisse se débrouiller avec les conséquences.
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(gabriel) she wolf.

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