AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

 (satu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage


Invité

MessageSujet: (satu)   Mar 27 Nov - 22:39

"Loki dit :
« Te rappelles-tu, Ódinn,
Quand autrefois, nous deux
Mêlâmes ensemble notre sang ?
Boire de la bière,
Tu déclaras que tu ne le ferais pas
Si elle ne nous était offerte à tous deux. »"
« Rentre avant la nuit. Mets ton écharpe et ta veste, n'attrape pas froid. Fais gaffe de ne pas tomber. Fais attention. Et avant la nuit, Sinir. (…) Oh, aussi ! Fais attention aux garçons, ils sont toujours à roder pour essayer de te faire du mal. » Elle n'écoute plus. Elle n'écoute plus les divers conseils, obligations, réflexions que ses parents peuvent lui faire. Parce qu'elles ne changent jamais, c'est toujours le même refrain depuis qu'elle est en âge de le comprendre. Oui, toujours protéger sa gorge, pour ne pas perdre sa « si jolie voix ». Mettre de la crème sur sa peau, solaire ou hydratante, car « ce serait si dommage de l'abîmer ». Sourire à la boulangère, au facteur, au fleuriste. Ne pas trainer trop au bord des falaises, pour ne pas tomber. Bien attacher ses cheveux en cas de vents trop forts, pour qu'ils restent aussi parfaits qu'ils le peuvent. Ne pas parler aux garçons. S'en méfier.
Un panier dans la main, avec sandwichs, jus d'orange et petits gâteaux, une écharpe qui cache son nez, ses yeux maquillés un peu trop noirs pour sa mère, ses cheveux relevés en un chignon dominé, façon danseuse, elle sort de la maison. Le vent vient fouetter son visage, faire rougir un peu ses joues. Ses yeux se ferment de moitié, pour ne pas subir les coups du souffle marin, mais ils pourraient se fermer entièrement que cela reviendrait au même pour elle : le chemin vers la plage, elle le connait très bien, par cœur, de la façon la plus littérale qu'il soit. Ce ne sont ni ses yeux, ni ses pieds qui la mènent à chaque fois vers l'étendue d'eau, mais bel et bien son cœur, après avoir fait des années et des années durant le chemin de la petite maison jusqu'à là-bas. Ce même cœur qui, pourtant, par moment, lui donne la sensation de ne plus battre, ou trop lentement. Comme si, à Almayer, tout ralentissait, presque pour se figer en une image qui restera inchangée au fil du temps. Les maisons sont toujours les mêmes, les gens aussi. Il n'y a que quelques personnes qui, parmi les autres, sortent du lot. Comme rejetée. Satu, ou Nahele, par exemple. Elle aussi, parfois. Mais elle, c'est idiot, ce n'est qu'une impression. Elle fait partie de la population ordinaire du village. Banale, presque. Non, pas presque. C'est la banalité d'Almayer, qu'elle représente, à sa façon. Deux parents, une sœur plus âgée et surtout plus loin, et elle, toujours là, en dernière année de lycée, qui ne vit pas la vie qu'elle voudrait, au fond. Seulement par procuration, à travers les récits que son aînée lui envoie dans toutes ses lettres. La grande vie, en soit. Pas celle d'un petit village de bord de mer.
Ses pieds foulent le sol de la plage encore quelques mètres, et elle finit par s'asseoir. « N'oublies pas la serviette, pour ne pas abîmer tes vêtements. » Elle ne la met pas. Fausse rébellion, inutile rébellion. Ce n'est pas comme ça qu'elle changera son monde, elle le sait, et tant pis. Elle ne peut rien faire d'autre, pour l'instant. Elle n'a aucune emprise sur sa propre existence, au fond. Alors elle fait comme à chaque fois : elle regarde la mer, l'écume des vagues, en se demandant, qu'est-ce qu'il peut bien y avoir de l'autre côté de l'horizon, et qu'elle n'aperçoit pas à cause de la brume ? C'est quoi, le monde qui lui fait fasse ? C'est qui ? Cheval des mers, traverse les airs. Elle ne bouge pas, ses genoux contre sa poitrine, entrain d'attendre en rêvassant. Si on veut.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Mer 5 Déc - 16:37

Elle a trouvé le mot, Satu. Une chance qu'elle ait été fouiller la boîte aux lettres, elle qui n'y va d'habitude jamais. Sa grand-mère est devient trop vieille pour ça, parfois, elle vient prendre le courrier trois fois dans la même journée et parfois elle oublie que ça fait une semaine qu'elle n'y a pas été. De toute façon, ce n'est pas comme si on leur écrivait beaucoup. Elle n'a pas vraiment d'amis, grand-mère, elle est trop vieille et ses connaissances sont trop vieilles, elles aussi. Elles oublient. Elles s'oublient. C'est triste, la vieillesse.
Mais Satu ne pense pas à ça. Satu est vitalité. Satu est jeunesse. Satu est folie. Folie furieuse. Furieuse folie. Satu est animale. Elle grogne, elle griffe, elle aboie. Satu fait peur. Satu est dingue.
Mais Satu a une amie. Une très bonne amie, même. La meilleure des amies. Sa meilleure amie.
Sinir est assise, les pieds dans le sable. Ses jambes contre sa poitrine. Elle a l'air emprunte d'un sentiment que Satu ne connait pas. Elle doit avoir froid, elle a une écharpe jusque sous le nez. Satu n'a pas froid. Sans manteau. En petite robe, vieille robe, probablement à sa grand-mère jeune. Pieds nus. Satu ne pense pas à se couvrir parce qu'elle ne craint rien. Le vent est son ami. La brise fraîche est son alliée. Satu est invincible. Rien ne lui fait peur parce que rien ne peut l'atteindre. Elle ne risque rien, rien, rien, trois fois rien. Satu est légère. Légère comme la brume sur la mer, comme la rosée au matin.
Elle marche sur le sable, sans s'enfoncer. Comme si elle ne faisait que le frôler et ne le touchait pas vraiment. Avant de se laisser tomber sur les fesses, à côté de la fée glacée des glaces. Pour la grâce, on verra plus tard. Elle étend ses bras en avant, assouplit le buste et s'étire dans une sorte de miaulement satisfait. Se redresse. Regarde à gauche, regarde la plage. Regarde en face, regarde la mer. Regarde à droite, regarde Sinir.
Fin sourire. Inhabituel sourire. Satu ne sourit qu'à Sinir. Habituel sourire. Sa bouche est fermée. Elle se tait. Ou plutôt, elle ne dit rien parce qu'il n'y a rien à dire parce qu'elles se comprennent sans qu'elles aient besoin d'ouvrir la bouche parce qu'elles sont proches depuis longtemps parce qu'elles ont l'habitude parce qu'elles sont complémentaires parce qu'elles sont fusionnelles chacune dans le cerveau de l'autre parce que c'est comme ça. Tout simplement. Elle prend le temps de regarder des détails. Le soleil sur la mer. La mèche de cheveux que le vent a volé à son chignon blond. Le panier en osier posé à côté d'elle qui promet déjà de délicieuses victuailles. Le silence les entoure toujours. Elle pose sa tête sur son épaule. Ça y est c'est bon elle est bien. Comme ça.
Ardentes prunelles toujours fixées sur l'immensité bleue. La belle. La sauvage. L'éternelle. La sans-fin. Magnifique mer. Protectrice mère. La nature veille sur elle. Satu sans règles, Satu sans foi. Satu sans rien. La nature l'aime et l'abime. La confortant dans ses certitudes. Qu'elle est l'enfant sauvage. Chiot apeuré, rescapé d'une quelconque tragédie. Chiot pitoyable, trempé par les larmes des morts, des partis, des finis. Abandonnée.
Mais la vieille dame qui l'a recueillie est sénile et ne recherche pas sa compagnie. Elle n'a rien à lui enseigner si ce n'est des sermons d'un autre temps temps révolu. Grand-mère ne l'a pas recueillie, elle l'a simplement abritée chez elle. Elle lui a donné un toit pour quand l'hiver est trop rude, pour quand la tempête fait rage. C'est la blonde la fée des glaces la belle la ballerine la magnifique qui l'a recueillie. Qui lui a prodigué son amour.
Elle n'a pas bougé.
Et l'océan mer dans une sorte de grondement sublime l'appelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Invité

MessageSujet: Re: (satu)   Mer 9 Jan - 16:21

Un léger soupir sort d’entre les lèvres de Sinir, tandis qu’elle tourne la tête vers Satu, doucement, pour ne pas lui faire faire de mouvement brusque. Elle la détaille, son amie, sa grande amie, sa meilleure amie, sa seule amie, même. Elle la détaille et ne la quitte plus des yeux, comme à chaque fois qu’elle est lancée. Elle est jolie, Satu, mais elle ne plait pas à tout le monde. Certains en ont peur, alors ils disent qu’elle ne l’est pas, jolie. Que ses yeux sont trop gros, ses cheveux et sa frange trop longs, ses ongles trop griffant et qu’elle a l’air d’un animal, parfois. Mais Sinir, elle, aime ses grands yeux. Des grands yeux qui lui rappellent parfois ceux d’une mouche. Des grands yeux qui la détaillent, des fois, le soir, quand elles dorment toutes les deux ensemble. Elle les aime bien, ces grands yeux marrons, noirs même, qui peuvent faire peur à certains. Qui font peur à certains. Elle aime aussi les longues tiges noires qui sortent du crâne de Satu pour tomber sur ses épaules, puis au milieu de son dos. Des longues tiges qui servent d’abris à la reine des glaces quand elle est triste, quand elle veut se faire oublier, quand elle a besoin d’un réconfort que seule Satu est capable de lui amener. Elle aime aussi les marques que ses vagabondages dans Almayer ont laissé sur son corps. Eraflures, brûlures, gerçures, blessures en tout genre qu’elle affiche plutôt fièrement, comme ses trophées, les preuves de ce qu’elle a fait, de la vie qu’elle mène et qui lui plait, au fond. Des cicatrices visibles, que l’on peut toucher du bout des doigts, sentir contre notre peau. Le genre de cicatrices inconnues pour le corps de Sinir. On lui a souvent dit, à l’école, que pour apprendre à se relever il fallait tomber. Mais chez elle, les sols sont en mousse, on la retient, elle n’est jamais tombée. Elle ne pourra jamais se relever.
Doucement, ses doigts viennent se glisser dans la chevelure d’ébène de la jolie Satu, effleurant sa joue de leurs bouts. Un petit sourire se dessinent sur ses lèvres tandis que la tête de son amie vient se lover dans sa main, comme le ferait un chat en mal de caresses, un chat que l’on tire doucement du sommeil. De son pouce, elle caresse tendrement la joue qui s’offre à elle, continue de la détailler.
- Je t’ai fait des sandwichs, Victor. Ceux qui te plaisent tant.
Doucement, sa main se retire du visage à la peau douce et si blanche de Satu, avant de s’enfoncer dans le panier d’osier que sa mère lui a prêté, la priant d’y faire très attention, cadeau de grand-mère, et grand-mère n’aimerait pas le retrouver plein de sable. Sinir n’en a que faire. Pseudo rébellion. Sinir est las. Elle est las des mises en garde parentales, de ces mots qu’ils lui disent à chaque fois qu’elle sort, et qui ne sont probablement que des mensonges. Pourquoi est-ce que les garçons lui feraient du mal ? Nahele ne lui en a jamais fait. Pourquoi est-ce qu’ils chercheraient à briser ce soit disant aura de pureté qui émane d’elle ? Et d’abord, c’est quoi, cette histoire d’aura ? De pureté ? Pourquoi serait-elle plus pure qu’une autre, Sinir ? Nouveau soupir, bref, mais bien présent. Elle se tourne vers Satu, récupère un léger sourire et lui tend son sandwich avant de sortir deux briques de jus d’orange et de lui en donner une. Comme quand elles étaient enfants, et qu’elles prenaient le goûter dans le jardin des Bestla. La mélancolie s’éprend de son sourire. Tout était alors plus simple.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Mer 16 Jan - 13:41

Les lèvres de Satu s'étirent pour former un sourire, le genre de sourire que seule est capable de lui arracher Sinir. La reine des glaces, avec ses longs cheveux blonds presque neige, ses grands yeux bleus presque mer, ses belles lèvres roses presque fleur. Si jolie Sinir. Personne ne comprend pourquoi elles sont amies. Non pas seulement amies, plus que ça, meilleures amies ! Mais le terme ne convient pas, non, parce qu'elles sont plus que ça. Leur amitié est unique, personne ne pourrait la singer. Peu importe ce qui critiquent, ceux qui disent que la reine des glaces, la pure, la magnifique, la parfaite, n'est pas faite pour être avec l'enfant sauvage, l'idiote, l'animale, l'insuffisante. Sinir et Satu. La belle et la bête.
La bête aime le contact de la main de la belle sur sa peau. Elle aime la façon dont elle la regarde. Comme si elle allait au-delà, justement, de cette apparente difformité intérieure. Elle sait qu'elle la trouve belle, un paradoxe quand on voit la sienne de beauté, qui est inscrite un peu partout sur son corps, sur son visage. Elle sait que la belle la regarde toujours avec amour et c'est ce qui fait de son regard un présent si précieux aux yeux de la bête. Si précieux qu'il répare les meurtrissures de son cœur.
- Je t’ai fait des sandwichs, Victor. Ceux qui te plaisent tant. Satu hoche la tête alors que Sinir enlève sa main pour aller piocher les sandwichs et des briques de jus d'orange dans ce grand panier en osier qui lui a été offert par sa grand-mère, elle s'en souvient. A elle, grand-mère ne lui a jamais rien offert. Elle garde ce sourire plaqué sur les lèvres, parce qu'elle connait ce repas par cœur. C'est le même que lorsqu'elles étaient encore petites et que c'était dans le jardin qu'elles goûtaient, parce que Sinir n'avait pas le droit de sortir sur la plage seule. Bien sûr, Satu avait déjà le droit d'aller où elle voulait. Elle regardait Sinir et ses parents, si jolie enfant, et parfois elle se surprenait à rêver d'être sa jumelle. Comme ça, rien ne pourrait les séparer. Elles seraient ensemble tout le temps, constamment. La belle et la bête. Jumelles, au-delà de leur différence. Mais différentes, elles l'étaient. La blonde et la brune. La parfaite et l'imparfaite. La polie et la sauvage. La gentille et la méchante. La belle et la bête. Jumelles dans le cœur.
Satu croque dans son sandwich, comme elle croque dans la vie. C'est bon, elle émet un petit - mh de contentement. Elle a toujours aimé les sandwichs de Sinir. Même quand le pain n'était plus tout à fait frais, même quand elle n'appréciait pas les composants. Parce que sa fée les avait faits avec amour, en pensant à elle. Alors elle était contente. Heureuse, même. Parce qu'elles sont ensemble. Même si Sinir est condamnée à être parfaite et Satu à ne pas l'être.
Elle détache délicatement la paille et la trempe dans la brique, boit une gorgée de jus d'orange. Elle hoche la tête, c'est bon. Elle est contente, c'est une belle journée. Il lui suffit de pas grand-chose, à Satu, pour être heureuse. De Sinir, tout simplement. Tant que Sinir est là, tout va bien. Elle sait qu'elle ne sera jamais malheureuse. Parce que sa fée veillera toujours sur elle. Sa vie lui convient, malgré ce que disent les gens, ce qu'ils pensent. Elle s'en fiche. Elle est heureuse. Parce qu'elle ne perdra jamais Sinir, parce qu'elle lui appartiendra toujours. Ce sera toujours sa Sinir, son amie, sa fée, son trésor. Et tout ira bien.



Et elle continue de sourire.
La bête aime la belle.
Pour toujours.
Plus que tout.
A jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Invité

MessageSujet: Re: (satu)   Mer 16 Jan - 17:13

Des fois, en la regardant, Sinir se demande si Satu a vraiment le même âge qu’elle. Non pas qu’elle fasse plus jeune, bien au contraire. Satu a toujours l’air plus vieille qu’elle, ça a toujours été le cas, et ça le restera sûrement. Pour une simple raison, aux yeux de Sinir : Satu, elle, elle n’est pas enfermée dans une tour, à attendre que l’on vienne la libérer, sans que personne ne le fasse puisque personne ne la connait. Satu, elle, elle vit, elle vit sa vie comme bon l’entend, de la façon qu’elle veut, se moquant de ce que les gens peuvent lui dire, lui reprocher, peuvent penser. Ce n’est pas le cas de Sinir. Au fond, c’est l’une des parties de la personnalité de Satu qui attire autant la blonde, qui fait qu’elle s’accroche de cette façon à elle : c’est en quelques sortes une part de jalousie qui la berce, quand elle regarde son amie, sa meilleure amie, sa sœur, son âme-sœur, presque. C’est plus ou moins ça, entre Sinir et Satu : c’est leurs différences qui leurs donnent cette complémentarité quasi-parfaite, comme l’eau et la lave qui forme la terre, comme deux rives d’un fleuve permettant la construction d’un pont, comme l’obscurité et la clarté qui permettent à l’autre d’exister, le plaisir et la souffrance, comme la lune et le soleil qui passent leur vie ensemble, à suivre l’autre, sans interruption, sans coupure dans le cycle. Comme les vagues et la houle, comme les coquillages collés aux rochers, comme le mont Everest et la colline. Satu et Sinir sont différentes, ça ne fait aucun doute, pour personne. Ce qui dérange tant les gens n’est pas cette différence : tout le monde est différent de quelqu’un, c’est une évidence. Non, ce qui les gêne, c’est que malgré ces mêmes différences, elles soient si proches. Sinir ne va pas sans Satu, Satu ne va pas sans Sinir, et si vous en prenez une, vous serez forcé de prendre la seconde avec. Elles n’ont peut-être pas de liens de sang, elles n’ont peut-être pas le même mental, la même apparence, les mêmes centres d’intérêts, mais pourtant, elles sont indéniablement les deux personnes les plus proches, les plus sincères l’une avec l’autre. Elles sont de ces personnes dont la présence de l’autre est nécessaire, cette présence nécessaire si rare en dehors des histoires d’amour. Mais en quelques sortes, entre Sinir et Satu, c’est aussi une histoire d’amour. Une sorte d’amour platonique, une amitié fusionnelle, un tout qu’elles ne peuvent former que lorsqu’elles sont ensemble : le soir, quand chacune repartira chez elle, elles ne seront plus que moitié.
Sinir détaille Satu, en train de manger les fameux sandwichs. C’est bizarre, un peu, Satu : elle aime tout, toute la nourriture que Sinir lui donne, elle semble l’aimer. Si c’était quelqu’un d’autre qui lui donnait tout ça, Sinir sait que Satu ne mangerait pas, pas forcément. Elle n’aime pas beaucoup de gens, au fond, Satu. Seulement ceux qui peuvent l’apprécier, et encore. Presque que Sinir, un peu. Et à chaque fois qu’elle y pense, Sinir ne peut s’empêcher de sourire : Satu la rend spéciale grâce à ça, grâce à ce qui se passe entre elles, grâce au fait qu’elle l’aime. Sinir n’a rien de bien exceptionnel. Enfin, si, une chose, et une seule : l’amitié de Satu. C’est la chose la plus exceptionnelle qu’elle ait.
Doucement, elle replonge sa main dans le vieux panier d’osier, pour sortir son propre sandwich, avant de le porter à ses lèvres, et de recommencer à fixer l’horizon. La mer. Les pontons. Les vagues. L’écume. Le phare, plus loin. C’est étrange comme un paysage change en fonction de la personne avec nous. Quand Sinir est seule ici, elle ne désire qu’une chose : s’évader. Partir, voir comme ça peut être là-bas, des fois. Faire comme Gyllir. Quand elle est avec Satu, elle n’a pas envie de quitter la plage. Elle voudrait s’y allonger, regarder le ciel, les nuages, et parler avec Satu qui l’écoute. Caresser ses cheveux, mettre sa tête contre la sienne, et ne plus bouger, plus jamais. Etre bien, et le rester. Elle lève la tête, son sandwich dans la même, et désigne l’un des nuages du doigt.
- Regarde Victor, on dirait un chien celui-là, un peu. Et l’autre, à côté, un renard. Ça ne te fait pas penser à Rox et Rouky ?
Rox et Rouky, après tout, sont comme elles : ils n’étaient pas de ceux faits pour être amis, et pourtant..
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Jeu 17 Jan - 14:26



Sinir, jolie Sinir, dont la voix d'or vient chatouiller l'oreille de la bête, vient câliner son cœur.
- Regarde Victor, on dirait un chien celui-là, un peu. Et l’autre, à côté, un renard. Ça ne te fait pas penser à Rox et Rouky ? Satu lève les yeux vers les nuages et les observe avec une attention toute particulière, pleine de sérieux. Elle les examine pendant de longues minutes, avant de répondre. - C'est vrai, celui-là a un museau plus allongé et une queue beaucoup plus touffue, alors que l'autre est plus imposant. On dirait qu'il est en train d'aboyer. Tends l'oreille, tu l'entends ? Il n'y a que le vent qui vient caresser leur âme. Mais elle l'entendrait presque ce chien, en train de poursuivre le renard en riant, de s'amuser avec lui.
Elle a l'image en tête, Satu, celle du livre d'histoires de Sinir, rempli de belles illustrations, comme le vantait le derrière. C'est toujours Sinir qui lisait les histoires. Elle était plus à l'aise et elle faisait mieux les voix des personnages. Elle savait mieux raconter les histoires. Satu, elle, était meilleure à se taire et à la regarder avec de grands yeux, en écoutant sa voix avec attention, en prenant garde à bien retenir chaque détail de l'histoire pour les lui redire avec fierté, comme pour lui montrer qu'elle l'avait bien écoutée.
Seule Sinir était capable d'obtenir une telle concentration de la part de Satu la sauvage, élève plus que dissipée. Il lui suffisait de tourner la tête pour penser à autre chose, d'entendre un oiseau pour souhaiter s'échapper et devenir intenable, incapable de rester en place jusqu'à ce qu'elle ait obtenu ce qu'elle voulait : sortir au dehors. Des aventures, voilà ce qu'elle cherchait. Et c'est bien ce qu'elle avait obtenu. La vie de Satu est pleine d'aventures. Elle ne contient que ça. Des aventures dérisoires pour certains, certes, mais des aventures qui font toute la vie de la sauvage, comme on l'appelle. Ses vagabondages dans la nature, là où elle grimpe aux arbres, et s'agite. C'est ce qui fait d'elle ce qu'elle est, ce qui la rend heureuse et libre, comme en témoignent les nombreuses écorchures et autres cicatrices qui zèbrent sa peau.
Elle continue de manger doucement son sandwich de tendresse, les yeux rivés sur les nuages. Elle sent la présence de Sinir, à côté d'elle, et son cœur est tranquille, presque serein. Il est agité d'habitude, aussi agité qu'elle-même et ne cesse de faire des grands bonds en même temps qu'elle. Paradoxalement, il n'y a que Sinir pour réussir à apaiser son palpitant éternellement déchaîné. Quand elle est près d'elle, il se calme, bat plus doucement. Comme s'il cessait de sursauter au moindre bruit, à l'idée de nouvelles aventures au devant desquelles elle pouvait aller. Comme si, avec Sinir, elle cessait de penser à l'après, à tout ce qui pouvait se passer autour d'elle. Aux arbres auxquels grimper, aux oiseaux à observer, aux endroits à explorer. Parce qu'avec Sinir, le reste perdait de son importance. Elles étaient là, côte à côte, toutes les deux, et c'était tout ce qui était important.
Dernière bouchée du sandwich avalée, nouvelle gorgée de jus d'orange, petit coup d’œil autour d'elles. Elles sont seules sur la plage et le sourire de Satu n'en est que plus grand. Sinir n'est rien qu'à elle et la plage rien qu'à elles. Personne ne viendra les déranger ici. Alors.. Alors elles pourraient ! Elle observe la blonde, jusqu'à ce qu'elle ait fini de manger.
Puis la détaille. Paillettes d'argent dans ses yeux bleus. - Dis, Sinir, j'avais pensé.. Y a personne ici, et il fait pas trop froid.. Elle lit l'incompréhension sur le visage de son amie qui ne comprend pas ce qu'elle peut bien vouloir dire. Satu voudrait bien lui expliquer progressivement, en amenant tout un paquet d'arguments pour la convaincre, mais elle ne sait pas faire ça. Alors elle lui fait son plus beau sourire, ses yeux de chiot perdu et lance, d'un air innocent, suppliant : - On peut aller se baigner ?


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Invité

MessageSujet: Re: (satu)   Jeu 17 Jan - 16:37

Les yeux de Sinir continuent de fixer le ciel, les nuages, cherchant des similitudes entre le réel, et les formes qu’ils arborent fièrement. Le renard et le chien. Elle continue de les fixer, s’imaginant avec Satu, courir dans les nuages, là où ses parents n’auraient plus d’emprise sur elle, dans le royaume des libertés, de la nature, de la vie sauvage. De la vie à la Satu, en fait. Peu importe ses rencontres, peu importe si le temps s’assombrit, s’il est heure de rentrer ou si sa peau s’égratigne, rougit, se coupe, si elle saigne. Elle envie Satu, Sinir, et elle l’envie depuis qu’elles sont enfants, depuis qu’elles ne sont que des gamines. Depuis que Satu a le droit de sortir quand elle veut, de rentrer salie ou pleine de bleus. Sinir, elle, ne connait qu’une sorte de bleu : celui qu’elle voit dans son miroir, celui de ses yeux, ou de ses habits. Elle n’a jamais eu aucune brûlure, écorchure, ecchymose. Surprotéger, princesse enfermée. Emprisonnée, qui n’est libre de rien sinon de lire. Et de sortir, de temps à autre, uniquement pour voir Satu. Sinir, en dehors de sa meilleure amie, elle n’a personne. Mais au fond, Satu lui suffit. Satu vaut toutes les autres personnes que peut accueillir le village, celles de passage comme celles présentes depuis toujours. Elle est supérieure à eux, eux qui la trouvent si étrange, si sauvage, parfois même primitive. Comme une enfant qui n’aurait pas été terminée, dont seule l’enveloppe charnelle correspond au résultat final, celui qu’espérait son créateur. Cette enveloppe, ce corps, Sinir s’en moque. Oui, Satu est jolie. Oui, elle a ce physique si particulier qui plait tant à sa meilleure amie. Mais et après ? Sinir ne l’aime pas pour ça. Satu pourrait être minuscule comme immense, maigre comme grosse, blonde comme ébène, blanche ou noire, avec de grands ou de petits yeux, magnifique ou au physique difficile que Sinir l’aimerait toujours autant. Ce qui lui plait, ce qui fait qu’elle ressent ce qu’elle ressent pour elle, c’est ce qu’elle est à l’intérieur. Au-delà de la biologie, des organes, du cerveau. Ce qu’elle est en profondeur. Sa sauvagerie, sa liberté, cette façon de marcher qu’elle a et qui la fait tant ressembler à un oiseau. Cette voix rauque, comme extraite des falaises. Elle l’aime pour toutes ces choses qui font son charme et qu’elle lui envie. Satu peut aller où elle veut, quand elle veut, aussi longtemps qu’elle veut. Elle peut se rapprocher des personnes qu’elle souhaite, sans risquer de se faire taper sur les doigts en rentrant.
Sinir continue de fixer ces nuages, ces allégories de la liberté, selon elle. La liberté offerte par la nature. Elle sent le regard de Satu peser sur elle, la détailler, mais ne dit rien. Ce n’est pas la première fois, elle y est habituée, pour elle c’est quelque chose de normal. C’est comme ça depuis qu’elles sont enfants. Depuis toujours, leur toujours à elles.
- Dis, Sinir, j'avais pensé.. Y a personne ici, et il fait pas trop froid..
Les yeux de Sinir se posent sur elle, la détaille. Oui, elles sont seules, il n’y a personne, et il ne fait pas trop froid pour cette période de l’année, bien qu’elle ne sorte pas sans prendre une petite laine avec elle. Mais elle ne voit pas pour autant où Satu veut en venir, jusqu’au moment fatidique : aller se baigner, là, maintenant. Sinir grimace, secoue la tête. Elle cherche un instant ses mots, finit par dire :
- Il ne fait peut-être pas trop froid, mais il ne fait pas assez chaud pour se baigner, Victor.. Et puis, toi tu as peut-être songé à prendre un maillot de bains, mais pas moi. Et je ne vais pas me baigner toute habillée, ou en sous-vêtements, et encore moins nue..
Elle la détaille. Et puis, moi, Satu, je ne suis pas comme toi, je n’ai pas été élevée par la nature. Je ne sais pas grimper aux arbres comme toi, je ne sais pas défier les falaises. Je ne sais pas nager.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Sam 19 Jan - 14:13



Elle devine la réponse avant même que la blonde ne l'énonce. Elle la connait suffisamment bien pour déchiffrer la grimace peu marquée qui vient troubler ses traits. Mais elle ne dit rien, attend de l'entendre. - Il ne fait peut-être pas trop froid, mais il ne fait pas assez chaud pour se baigner, Victor.. Et puis, toi tu as peut-être songé à prendre un maillot de bains, mais pas moi. Et je ne vais pas me baigner toute habillée, ou en sous-vêtements, et encore moins nue.. Satu soupire bruyamment, fait la moue en croisant les bras. Enfant boudeuse. Elle a toujours eu ce qu'elle voulait, Satu, parce que personne n'était là pour l'en empêcher. Elle a appris à ne compter que sur elle, à se servir quand elle veut quelque chose. Et ça marche : elle fait tout ce qu'elle veut et personne n'est là pour l'en empêcher. Mais c'est Sinir.. Et au final, Satu compte sur elle. Parce que c'est sa Sinir, sa meilleure amie, son amie de toujours. Toujours avec elle, jamais l'une sans l'autre. Ensemble, c'est tout.
Mais comment lui à dire à cette fille-là, qu'il est temps pour elle de se laisser porter, d'arrêter de réfléchir aux conséquences ? Elle voudrait lui faire comprendre, à Sinir, qu'elle doit agir et cesser de se reporter aux conseils de ses parents. Comment lui dire, qu'elle gâche sa vie, à réfléchir ? Comment lui dire qu'il faut qu'elle arrête, qu'elle arrête. Qu'elle soit spontanée. Qu'elle fasse ce qu'elle a envie. Sans se soucier, des autres, surtout pas les autres. Comment lui dire, à cette fée des glaces, qu'il faut qu'elle perde sa froideur pour profiter de la vie ?
Ce n'est pas à Satu de lui dire. Parce que Satu ne connait qu'une partie de la vie : la vie sauvage. La vie en société, ce n'est pas pour elle. Elle serait incapable de lui expliquer sa pensée, de la convaincre en argumentant, c'est trop compliqué pour elle. Et puis surtout, sa Sinir, elle l'aime comme elle est. Même fée des glaces, parce qu'avec elle, elle n'est jamais froide. Pire, elle la préfère comme ça. Parce qu'elle sait qu'elle a un traitement privilégié par rapport aux autres et elle adore ça, parce que ça lui prouve à quel point elle compte.
Elle ne sait que faire, la détaille. - Mais Sinir.. S'il-te-plait.. Personne ne nous verra.. S'il-te-plait. Satu est bornée. Est-ce un défaut ou une qualité ? C'est à Sinir d'en juger. Mais elle ne renoncera pas comme ça à sa baignade. Qu'on lui refuse une chose simple et la voilà obsédée par cette idée. Son esprit tout entier pense à se baigner, aux caresses de l'eau fraiche sur sa peau. Elle en rêve. Elle regarde l'océan, l'océan mer, bleu, immense, gigantesque. Elle sait qu'elle ne peut résister à son appel. - Allez Sinir, viens juste mettre les pieds dedans.. Ça va pas te tuer. Satu se lève, s'approche de l'eau, avec un petit regard en arrière pour la blonde, pour lui dire de venir, pour l'attirer vers elle.
Elle fait glisser la robe le long de son corps. Elle finit dans le sable, bientôt rejointe par sa culotte. Satu ne porte pas de soutien-gorge. Elle est nue. Nudité blanche, nudité vierge, nudité parfaite. Elle n'est pas gênée. Pourquoi le serait-elle ? Seule Sinir, sa jolie Sinir, peut la voir. De toute façon, Satu n'a jamais compris pourquoi on devrait être gêné d'être nu. C'est vrai, tous les corps sont faits pareil, au fond, même s'ils ne se ressemblent pas forcément. Alors qu'est-ce que ça peut faire de voir celui du voisin ?
Elle entre dans l'eau doucement, avance jusqu'à de l'eau jusqu'à la poitrine. Elle se tourne, les yeux fixés sur Sinir avec un petit sourire. Rejoins-moi, qu'il semble dire à cette fée blonde. Elle prend une grande inspiration et se laisse couler au fond de l'eau, tout doucement.

_________________
excusez-moi, j’embrasse le ciel.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Invité

MessageSujet: Re: (satu)   Sam 19 Jan - 23:27

Satu n’abandonne jamais ses idées, et Sinir le sait. Elle sait également qu’elle n’a aucune chance de lui retirer de la tête son envie de baignade, que même tous les sandwichs et toutes les briques de jus d’orange du monde ne changeront en rien l’obstination de sa meilleure amie. Elle soupire, la voyant déjà venir, avec ses yeux tous doux, ses yeux de chiens battus, de chaton malheureux qu’elle lui faisait à chaque fois. Et généralement, Sinir craque. Généralement, mais pas tout le temps non plus. Cette fois, elle ne craquera pas. Elle ne craquera pas. Elle ne craquera pas. La malheureuse petite fille, ingénue Satu, jolie Satu, sauvage Satu, semble oublier l’obstination que son amie, elle aussi, possède, notamment dans ce genre de situation. Sinir a beau aimer Satu, Sa Tu, elle ne sait pas nager. Elle ne sait pas nager, elle refuse de rester trop loin du ponton, jusqu’à ne plus pouvoir le toucher. Elle ne peut pas, c’est au-dessus d’elle, c’est au-dessus de ses forces. Dès que l’eau lui arrive à la poitrine, dès qu’elle sent ses pieds ne plus toucher le sol sableux de la mer, elle panique, et est incapable de sortir seule de l’eau. Et si Satu n’était pas capable d’avoir le réflexe de la sortir de l’eau ? Et si elle n’y arrivait pas ? Et si Sinir allait trop loin ? Et si elle ne revenait plus, après s’être aventurée dans un endroit trop éloigné du bord de plage ? Et elle soupire, Sinir, entendant déjà les supplications de son amie, de sa Satu.
– Mais Sinir.. S’il te plait.. Personne ne nous verra.. S’il te plait..
Elle soupire, secoue la tête. Non, non, non. Satu a toujours tout eut, car elle n’a jamais demandé à personne, et même si on lui disait non, elle désobéissait. Mais ce n’est pas vraiment sa faute, au fond, à Satu, si c’est comme ça qu’elle agit, et Sinir le sait. Satu n’est pas comme les autres filles, encore moins comme celles qui viennent d’ailleurs – ces filles ne voyant qu’un intérêt superficiel en Almayer, pour certaines, et que Sinir méprise au plus profond d’elle-même. Satu, peut-être que si elle avait pu, elle en aurait décidé autrement : vivre de la même façon, mais pas totalement non plus. Si ça se trouve, si Satu n’avait pas été comme elle est, Sinir et elle ne seraient plus si proches à l’heure qu’il est. Mais voilà, le problème est là, et montre bien que la question ne se pose – et qu’au fond, ce n’est pas non plus un véritable problème, au contraire - : Satu n’est pas différente de ce qu’elle est, et si elle l’était, Satu ne serait plus Satu. Et Satu n’étant pas Satu, ça ne peut être.
Sinir la fixe, la détaille, tandis qu’elle essaye tant bien que mal de la convaincre. Mais elle s’obstine, Sinir, elle tient tête. Non, elle ne veut pas, elle ne veut pas aller se baigner, non. Alors elle regarde Satu se lever, et aller vers l’eau. Et faire tomber sa robe. Et sa culotte. Et pénétrée, nue, dans l’eau froide. Un frisson la parcours, elle, restée sur la plage, restée au sec. Elle admire Satu, vraiment. De pouvoir se mettre nue sans avoir peur du regard des gens. Et puis, au fond, de n’avoir peur de rien, de personne. D’être là, à défier le monde, à le provoquer sans vraiment le vouloir, sans vraiment y penser. Sinir aussi, elle aimerait bien pouvoir se mettre nue, et la suivre dans l’eau, et mettre sa tête sous la surface comme elle, et rire aux éclats avec elle. Mais il y a toujours cette sensation, ce regard qui se pose sur elle. Elle soupire, hésite. Finit par retirer son gilet. Ses chaussures et ses chaussettes. Elle se mord la lèvre. Et retire son pantalon, et son chemisier. Nouvelle hésitation. Elle peut encore se rhabiller avant que Satu ne la voit faire, elle le sait. Mais non. Elle inspire un grand coup, se lève. S’arrête au niveau des vêtements de Satu, continue d’hésiter. Finit par mettre un pied dans l’eau, puis l’autre, puis par avancer doucement. Sans mouvement brusque, comme pour ne pas troubler l’eau, pour ne pas la mettre en colère. Doucement, elle retire l’élastique autour de son poignet, noue ses cheveux en un chignon de danseuse. Et se laisse aller dans l’eau.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Lun 21 Jan - 11:50



Bornée, Sinir semble l'être tout autant qu'elle puisqu'elle s'obstine à refuser de se baigner. Satu n'est pas prête à y renoncer pour autant et finit à l'eau, le regard vissé sur la blonde restée sur la rive. Puis elle se laisse aller sous l'eau. Elle garde les yeux grand ouverts, Satu. L'eau salée ne lui fait rien, elle a trop l'habitude. Elle garde toujours les yeux ouverts, parce qu'elle ne supporte pas de ne rien voir. Ce serait criminel de ne pas profiter du spectacle qui s'étire devant elle. Les quelques poissons, rares aussi près du bord, qui se sont égarés par ici. Le sable, joli sable mouillé. Et l'eau tout simplement. L'océan mer vu de dedans, de l'intérieur. Sensation indescriptible. Là, au fond de l'eau, assise tant bien que mal sur le sable, Satu se sent chez elle. Comme si elle était à sa place, que l'océan mer l'accueillait dans son sein. Comme si ici, plus rien n'avait d'importance. Même pas le monde extérieur. Surtout pas le monde extérieur. Comme si ce moment, cet endroit, n'appartenait qu'à elle. Ça y est, elle parvient à mettre le doigt sur ce mot qui lui échappe toujours. Sérénité. C'est ça. Elle est apaisée ici. Elle n'a pas envie de se remettre en mouvement, d'aller voler vers une autre activité. Elle a juste envie de rester là, et de ne plus bouger. Parfois, Satu se demande comment ce serait, de vivre au fond de la mer. Pour oublier l'amer. Elle voudrait que les autres disparaissent, tous ceux qui viennent troubler sa tranquillité, tous ceux qui pensent pouvoir l'embêter. Ceux qui la rendent folle de rage et qu'elle finit par mordre. Ils devraient disparaître.
Mais il faut quitter cette atmosphère, car Satu n'est pas un poisson, elle a besoin d'air. Et quand elle remonte à la surface, elle voit Sinir, jolie Sinir, en train de se déshabiller pour finalement se retrouver en sous-vêtements. Un grand sourire éclaire son visage, un sourire qui la rend presque jolie. C'est comme si la beauté de la fée déteignait sur elle. Hésitation, à laquelle elle répond par un signe de tête encourageant. Satu la regarde entrer dans l'eau, tout doucement, comme si elle craignait de froisser l'océan mer, de l'effrayer. D'attirer son courroux, parce qu'elle ne devrait pas se trouver là. Satu voudrait lui dire, qu'elle est fière d'elle, qu'elle a autant le droit d'être là qu'elle, que si elle déteint sur Satu, Satu aussi déteint sur elle. Qu'elle l'aime, qu'elle ne risque rien, parce qu'elle est là, parce qu'elle la protégera toujours, parce que rien ne pourra les séparer. Parce que c'est sa meilleure amie ! Son amie pour la vie. Parce que Sinir et Satu n'existent pas l'une sans l'autre, parce que ce sera toujours Sinir et Satu. Elle entrouvre les lèvres, mais les mots lui échappent, deviennent hors de porté, inaccessibles. Alors Satu rit. Elle rit, parce qu'il n'y a rien d'autre à faire. Parce que c'est sa manière de lui dire, à Sinir, qu'elle est heureuse. Qu'elle a envie de rester avec elle, ici, qu'elle est contente qu'elle vienne se baigner, qu'elle apprécie la journée, qu'elle l'aime, aussi.
Elle observe la fée des glaces relever ses cheveux d'or en un petit chignon, pour ne pas les mouiller. Satu ne dit rien, on ne peut pas combattre sa personnalité. Ses longs cheveux noirs sont trempés et forment une flaque d'encre autour d'elle. Elle tend la main. Attend que Sinir la saisisse. Et la serre. Fort. Comme pour lui dire tout ce qu'elle est incapable de lui dire. Elle lui sourit, lève l'autre main et caresse doucement sa joue. Avec précaution, comme si elle craignait de contaminer son amie, de troubler sa perfection. Elle apprécie le contact de la peau douce, presque translucide, contre ses doigts. - Tu es belle. Elle la détaille encore un peu, sans rien ajouter, sans rien dire de plus. Comme si elle cherchait à s'imprégner de son visage, de ses cheveux scintillants, de ses grands yeux océan, de son sourire. Son si beau sourire. Et puis doucement, elle lâche sa main, et retire l'autre de son visage. Elle a un petit sourire malicieux qui apparaît au coin de ses lèvres. Et sachant que Sinir n'aura aucun mal à le déchiffrer, vite, elle agit. Elle lui envoie de l'eau, l'éclabousse d'un rire joyeux.




Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Invité

MessageSujet: Re: (satu)   Ven 25 Jan - 23:15

C’est doucement, discrètement que Sinir entre dans l’eau, pour ne pas trop perturber sa surface, pour ne pas trop souiller les vagues qui arrivent doucement vers elle et qui frappent son ventre, régulièrement, comme pour lui rappeler qu’ici, ce n’est pas elle la maîtresse de l’eau, qu’elle ne peut pas, même si elle le veut, dompter la mer. Elle n’en a pas la possibilité. Elle n’est pas rassurée. L’eau n’est clairement pas son élément, même si elle n’en a pas vraiment peur. C’est la noyade, la tête sous l’eau, qui lui fait peur. La possibilité d’être là, et puis, d’un seul coup, disparaître sous les flots de la mer, emportée dans ses grands bras bleus. Ces grands bras qui la porteraient, elle, comme une plume, avec eux loin de la rive, là où au fond, elle serait seule. Car malgré les histoires de ses livres d’enfant, elle, elle n’est pas une sirène. Les sirènes sont belles, les sirènes envoutent. Les sirènes domptent l’eau, la mer. Et elle, elle, elle cherche à la combattre, la mer, quand celle-ci la surprend trop fort, trop vite. Quand elle l’entraîne en son sein, quand elle l’empêche de revenir à la surface, de respirer. Quand elle lui met dans les yeux, dans la bouche, du sel qui la blesse. Sinir n’aime pas cette mer, cette mer déchainée. Elle ne l’aimera pas tant qu’elle ne sera pas en mesure de lui faire face, de la dompter pour de vrai, de montrer qu’elle aussi peut se tenir droite dans l’eau, et nager, nager sous l’eau. Cette mer, cette mer qui fait peur, qui surprend, elle ne l’aime pas tant elle l’effraie. Et elle voudrait pouvoir surmonter tout ça, comme les autres, les autres personnes d’Almayer. Qu’elle aussi, la mer l’accepte, qu’elle la laisse faire, qu’elle la laisse pénétrer dans son monde. Que la mer soit douce avec elle comme elle peut l’être avec Satu, qui, elle, n’a aucun problème pour lui faire face, au fond. Un frisson la parcours, elle se rappelle son plongeon, la dernière fois, à cause de l’araignée. Et doucement, par étape, son cœur s’emballe lorsqu’elle se remémore les souvenirs. Mais elle les chasse, directement, elle les chasse. Pour ne pas être trop distraite, pour ne pas aller ailleurs et se laisser aller dans les bras de la grande bleue, de la puissante, de la belle mer. La belle mère. La plupart des gens, des natifs d’Almayer sont à l’aise avec l’eau, avec la mer, avec Elle. Mais elle, personne ne lui a jamais appris à nager, personne. Ses parents n’aimaient pas trop la voir barboter dans l’eau : tous les garçons de l’école y trainaient, et pouvaient alors s’approcher d’elle. Ils ne l’ont laissé aller dans l’eau qu’après qu’elle fut immunisée contre eux, contre leurs mots, contre leurs gestes, des jolis gestes, des gestes qui perdent une fille comme elle, si peu habituée. Si pure, soit disant, aussi.
Les doigts de Sinir s’affaire dans ses cheveux pour les nouer, sagement, presque parfaitement sur le dessus de sa tête – souvenirs rescapés de ses années de danse classique lorsqu’elle était petite, jusqu’au début de son adolescence. Ses yeux fixent la surface de l’eau tout le temps qu’elle prend pour réussir un chignon comme sa professeur le lui avait enseigné. Les chignons, ce n’est pas la seule chose qu’elle a gardé de ces années-là, de ces années danse. Sa posture, aussi, rappelle celle d’une ballerine. Droite, toujours droite, la tête haute, les jambes serrées, la poitrine en avant. Et même dans ses mouvements, lorsqu’elle marche, lorsqu’elle se baisse ou qu’elle se relève, son passé de danseuse semble ressurgir, comme s’il ne l’avait jamais quitté. Et des fois, dans sa chambre, elle se surprend à recommencer à danser, une musique du Lac des Cygnes en fond sonore. Mais ça, personne ne le sait. Pas même Satu, Sa Tu, qui lui tend la main. Sinir termine de dominer les quelques mèches rebelles qui refusent de rentrer dans le rang, et prend sa main. Elle sent les doigts de Satu la serrer, fort, ça lui fait un peu mal d’ailleurs. Mais elle ne dit rien, elle ne proteste pas, elle ne retire pas sa main. Au contraire, elle a un petit sourire qui se dessine, doucement, sur son visage, tandis qu’elle la détaille, qu’elle détaille Satu. Elle sait que c’est à travers ces mains serrées, enlacées qu’elle parle, Satu. Qu’elle dit ce qu’elle ne pourrait pas dire avec des mots, des mots qui lui sont inconnus, qu’elle ne sait pas utiliser, et sans le vouloir. Alors Sinir se tait, elle aussi. Elle sait que Satu a compris, qu’elle a compris que Sinir avait compris. Alors elle garde ses yeux dans les siens, elle la fixe, et continue de sourire, encore, toujours. Elle sent les doigts de Satu venir se poser sur sa joue, et son sourire s’agrandit légèrement. Elle ne la quitte pas des yeux, la détaille, cherche à comprendre ce qu’elle pense. Car elle est l’une des seuls, la seule même, capable de deviner ce que Satu pense en un seul regard. Elle la connait bien, trop bien. Et à nouveau, son sourire s’agrandit.
– Toi aussi tu es belle, Victor.
Elle sent pourtant le contact de leurs mains, de ses doigts sur sa joue disparaitre, assez rapidement. Et elle n’a le temps que d’apercevoir le sourire de Satu, un sourire qui ne dit rien qui vaille, et elle sent l’eau sur son visage. Un léger rire, doux, presque de cristal sort de sa bouche, tandis que sa main vient contrer les éclaboussures provoquer par la blague de la brune, de son amie, de son complément, de son tout. Elle continue de rire, rire, et plante ses yeux dans ceux de Satu.
– Victor, ne me cherche pas.. Tu vas me trouver, sinon.
Et elle ne laisse pas à Sa Tu le temps de réagir qu’elle l’éclabousse à son tour, dans un éclat de rire. Un de ces rires un peu enroués, gardés dans la gorge trop longtemps pour sortir parfaitement harmonieux dès la première sonorité. Mais elle rit, rit, comme elle n’avait pas ri depuis longtemps. Et ça lui fait du bien, ça lui fait chaud au cœur. Tout au fond.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
âge : une comète n'a pas d'âge.
crédits : quelqu'un.

MessageSujet: Re: (satu)   Sam 9 Fév - 18:47

Satu regarde Sinir se coiffer, une petite moue désapprobatrice sur le visage, sans rien dire. Pourquoi faut-il que tout soit toujours parfait avec elle ? Qu'est-ce que ça peut faire, si elle a quelques mèches qui s'échappent, qui refusent de se prêter à la coiffure ? Et puis même, qu'est-ce que ça peut faire si ses longs cheveux sont mouillés ? Ils ne vont pas déteindre - de toute façon, ils sont trop clairs pour perdre encore de leur couleur. L'eau n'est pas empoisonnée, elle ne va pas les perdre. Elle pourra les sécher quand elle rentrera chez elle. Alors pourquoi ? Mais Satu ne dit rien. Elle a appris il y a longtemps à ne pas critiquer la fée des glaces. C'est sa meilleure amie. On ne critique pas sa meilleure amie à voix-haute. Personne. Pas même elle. Non, Satu ne se permettrait pas. Sinir la si parfaite. Elle ne pourrait pas lui reprocher de l'être trop, parfaite, justement. Ce serait ridicule. L'enfant sauvage se fiche d'être ridicule, certes, mais pas avec son amie. Sa meilleure sa seule son unique véritable amie. Sinir.
- Toi aussi tu es belle, Victor. Petit sourire. Non, Satu n'est pas belle. Elle a les cheveux trop sombres, trop longs, ils lui tombent sur ses yeux trop ronds et trop noirs et sur sa peau zébrée d'écorchures toujours plus nombreuses. Elle le sait bien, elle le voit bien à la manière dont les autres la regardent. Mais elle s'en fiche. Peu lui importe les autres. Elle ne les aime pas, elle voudrait qu'ils disparaissent. Seule compte. Sinir.
- Victor, ne me cherche pas.. Tu vas me trouver, sinon. Et avant de lui laisser le temps de répliquer quoi que ce soit, Sinir lui envoie de l'eau au visage, l'arrose avec un rire joyeux. Elle a un drôle de rire, Sinir. Un rire un peu bizarre, un peu caverneux, comme s'il n'était pas sorti depuis longtemps. Un petit rire, comme si elle craignait de rire trop fort. Que ce soit gênant de rire, et que les autres l'entendent. Satu ne comprend pas trop ça. C'est normal de rire. Tout le monde rit. Et plus on rit, mieux c'est. Mais elle l'aime quand même, ce rire un peu trop enroué, parce que c'est celui de sa meilleure amie et que ça lui fait du bien de l'entendre. Quand Sinir rit, elle a l'air heureuse. C'est pas difficile, quand elles sont ensemble, Sinir a toujours l'air heureuse. C'est normal. Elles sont bien toutes les deux. Mais parfois, quand Satu la regarde de loin, elle lui trouve un air presque.. Triste. Et elle ne comprend pas bien pourquoi.
Elles sont bien ici. C'est un petit bout de paradis. Bien sûr, il y a des contrariétés. Les parents de Sinir sont un peu agaçants, ils sont toujours sur son dos et ça finit par énerver un peu la sauvage. Grand-mère, aussi. Elle, elle énerve beaucoup l'enfant terrible. Satu a toujours envie de répliquer, de la repousser en arrière, fort très fort. Et de lui faire mal parfois. Elle voudrait la griffer, griffer ses mains quand elle essaye de l'attraper. Mordre ses bras quand elle la tient trop fort. Serrer ses doigts autour de son cou quand elle déclame ses sermons encore et encore sans jamais s'arrêter et qu'elle lui écorche les oreilles un peu plus à chaque parole et qu'elle voudrait juste qu'elle se taise pour toujours et qu'elle ne reparle plus jamais de rien surtout pas de ça. Mais elle se contient. Et pour se contenir, elle hurle. Elle hurle sa rage sa colère et sa blessure toujours plus fort et plus longtemps. Hurlement. Impossible à faire taire. Peut-être qu'il retentit continuellement dans les oreilles de grand-mère maintenant.
Satu l'enfant du diable. Comme dirait la vieille.
Mais peu importe. Maintenant elle s'amuse. Elle est avec sa meilleure amie. La seule. Son alter ego. Sa jumelle. Celle qui la complète. La seule dont elle ait vraiment besoin.
Elle l'arrose d'autant plus, lui envoie plein d'eau. Ca fait des vagues autour d'elles. La mer s'agite doucement, comme pour participer elle aussi à leur jeu, comme pour s'amuser avec elle.
Et Satu rit. Elle a un grand rire Satu. Un vraiment grand. Un rire qui traverse tout et ne s'arrête jamais. Peut-être que si l'on revient dans cent ans, il résonnera toujours.
Tu crois qu'il résonnera toujours ?
Elle continue à s'agiter l'enfant terrible l'enfant sauvage la fille de la mer de la nature des falaises des arbres la fille d'Almayer.
Elle se laisse faire par la mère. Elle la laisse caresser sa peau, laver doucement ses cheveux et ses écorchures. Puis l'engloutir. Comme pour la serrer contre elle.
La mer la prend toute entière et la recrache dans un sursaut.
Elle se laisse glisser sur le sable avant de se remettre sur ses pieds prestement. Elle pose un instant ses iris sur la blonde, comme pour l'inciter à la suivre à la rejoindre à venir. Puis elle se précipite sur le sable. Elle court elle fait la roue elle fait la folle elle rit. Elle tourne vite vite vite. Si vite que la terre finit par tourner, elle aussi et qu'elle finit par se demander si c'est la terre ou bien elle qui tourne. Puis elle se laisse tomber dans le sable, d'un coup, comme ça. Elle s'y roule, et elle rit toujours. Elle n'a même pas peur d'avaler du sable, Satu. Rien ne lui fait peur. La courageuse. L'invincible. L'inconsciente. Satu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: (satu)   

Revenir en haut Aller en bas
 

(satu)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» comme l'oiseau vêtu de son vêtement d'ailes... (satu)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
océan mer ♒ :: joue avec moi. :: version trois.-