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 j'entends la mer. (kishi)

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âge : vingt ans.
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MessageSujet: j'entends la mer. (kishi)   Dim 7 Déc - 14:41

les volutes s'échappent. elles s'en vont toujours. sans un bruit. comme cette fourbe qu'elle a été. elle s'en va. et ne revient jamais.
elle sent le tabac froid et le café.
c'est tout ce qu'elle a trouvé pour se calmer.
pour répondre à l'attente inassouvie.
le papier se froisse entre ses doigts. les lettres sont courbées, délicieuses, voluptueuses. elles s'échouent sur le papier comme l'eau salée sur le rivage ; viennent le lécher dans une tendresse infinie avant de se retirer.
elle est la mer. bong le sent déjà. elle est l'infinité de possibilités.
peut-être qu'elle se trompe.
ce n'est qu'un pré-sentiment.
elle est pas très douée pour cerner les gens.

le café lui brûle les doigts, et la gorge.
elle l'attend encore.
sans même savoir qui elle doit attendre.
elle attend la mer. le ressac ne se fait que trop discret à son goût, par ici.
bong a peur. alors elle a les sourcils froncés et la gueule malpolie.
ça la protège - c'est ce qu'elle croit.
c'est comme une barrière à sa tête, une barrière à ses lèvres.
elle est méchante - c'est pas vrai, elle y croit pas une seule seconde, mais se le répète.
et puis, pourtant, elle se souvient un instant.
elle n'est pas forte.
elle défaille.
elle n'est que fleur qui plie sous le vent.
se casse.
s'écrase.
et se meurt.

inutile de faire semblant, ici, alors.
elle attend encore.

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MessageSujet: Re: j'entends la mer. (kishi)   Dim 7 Déc - 20:16

J’ai écris une lettre, tu sais.
Moi.
J’ai pris un stylo et j’ai laissé la mine glisser sur le papier blanc.
Moi.
Alors que, tu me connais, je préfère crier, j’aime mieux chuchoter, attraper du regard, sourire, grogner, caresser.
Une lettre.
Pour que les mots restent.
Pour qu’elle puisse, à souhait, les lire et les relire.
Pour l’intriguer – pour qu’elle se pose mille questions – pour qu’elle hésite – pour qu’elle froisse le papier dans sa paume – pour la toucher – oui – la toucher – mais doucement – avec intermédiaire.
Pour que le temps, lentement, commence le travail à ma place.
J’ai écris une lettre, tu sais. J’ai fixé rendez-vous. Au fil de l’encre, j’ai murmuré, je t’attends, à une inconnue.
La fille d’un jour, au hasard de la pension.
La fille d’une nuit, immense et sucrée entre mes songes.
Et moi, dans l’attente, je n’ai rien à relire – rien à serrer entre mes doigts – personne à interroger sur qui – pourquoi – comment.
Moi, j’ai attendu.
Et aujourd’hui, j’ai décidé qu’elle serait là. Un peu en avance. Ses grands yeux comme des pierres précieuses un peu brutes. Ses mains comme une invitation.
Oui.
J’ai décidé qu’aujourd’hui, elle m’attendrait.
La belle aux cheveux bruns.
C’est pour ça que je souris, dans les rues du village. C’est pour ça que je suis en retard – pour l’attente, tu sais – les interrogations – le désir – le désir ? – peut-être, le désir.

Et quand je pousse la porte, mes yeux attrapent ses sourcils un peu froncés, sa mine un peu boudeuse, ses doigts un peu repliés sur la tasse blanche presque vide.
Et je souris encore plus fort.
Mais à l’intérieur.
Il ne faut pas montrer, toujours, les sourires dans la séduction. Ce serait trop facile, tu sais. Trop limpide, trop rapide.
Je tire la chaise en face d’elle. Ça racle contre le sol. Et je m’assois.
(Je voudrais réchauffer mes doigts à sa main.)
Je joue la timide, la un peu gênée, la pas sûre d'elle. Je joue – tout court.
Je. J’avais dit que je t’offrais un verre.
Je fixe la tasse.
Et puis son bras.
Son épaule.
Son cou.
Sa bouche.

Bonsoir.

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MessageSujet: Re: j'entends la mer. (kishi)   Dim 7 Déc - 20:42

les minutes ajoutent des détails au portrait qu'elle se fait d'elle.
elles la rendent encore plus jolie chaque instant.
parce que le retard joue de l'impatience, et que bong, même si elle se dit qu'elle finira par partir, ne regarde même pas les aiguilles s'agiter sur l'horloge du café.

ses yeux flattent la belle dès son entrée.
elle sent le sel, elle pique comme l'iode, elle est brûlante.
et bong la regarde.
ses yeux flattent la belle dès son entrée.
et elle se perd dans les siens.
sur son nez.
la courbe entre celui-ci et sa bouche.
ses commissures incurvées en un léger sourire gêné.
et bong ne bouge pas.

elle est belle comme ses lettres, si ce n'est plus ; le papier n'a pour égal dans son imaginaire peut-être que son mystère - qui laisse encore de la place à ses idées, là alors. ses idées mer nue, mer belle, ses idées komake qui se noie dans les bras de l'océan.
qu'elle aimerait s'y noyer.
plonger la tête au creux de ses seins.
glisser ses cheveux sur la vague de son dos.
mais elle ne dit rien.
bong l'imagine lui écrire.
ses sourcils se détendent un peu - un peu, seulement, devant le tableau qui la désarçonne un instant.
et elle se reprend. comme une bête effarouchée, elle récupère son masque. mais elle sait que personne y croit ici, que même quand elle était arrivée, il était déjà fissuré. pourtant, il était beau. tout noir. grand. c'est à peine si l'on voit ses yeux lorsqu'elle le revêt.
et là, la belle peut tout voir.

le ressac lui revient soudainement.
(je. j'avais dit que je t'offrirai un verre.)
c'est les vagues qui déferlent sur la plage.
puis repartent au point final.
bong pose le regard sur elle encore, pose le regard sur ses iris, et l'invite à se diriger vers la tasse de café, en jouant la méchante. trop tard. qu'elle pense (mais elle, en vérité, elle voudrait bien qu'elle lui offre toutes les tasses de café qu'elle voudrait).

qu'est-ce que tu veux ?
elle lui balance ça comme ça, à la poupée. parce que les gens beaux lui font peur. elle est pas belle, elle, elle pue la méchanceté, et c'est mieux comme ça - ça se lit dans ses petits yeux noirs et ses épaules relevées, ses sourcils froncés et sa mâchoire serrée.
faut l'apprivoiser.
bong c'est un lionceau.
elle crie beaucoup, elle essaie de rugir - et parfois, elle y arrive.
mais finalement, c'est toujours les autres qui vont à la chasse pour elle.
toujours les autres qui la nourrissent.
elle elle bondit jamais.
elle essaie juste de rugir.

mais face à la belle, là, elle y arrive pas vraiment.

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MessageSujet: Re: j'entends la mer. (kishi)   Lun 8 Déc - 1:34

Son visage.
Son visage, il est presque comme dans ma tête.
Son visage, il est presque comme dans ma tête, ces derniers jours, quand je pensais à elle sans rien dire.
Son visage, comme les dessins que je gribouillais dans mes pensées.
Des dessins de rien, tu sais.
Des dessins-souvenirs, plus précis que des photos parce que je peux y ajouter toutes les nuances du monde.
Et les nuances, c’est joli, pour colorier les sentiments.
(Sur sa bouche, j’avais mis du rouge-envie et sur ses paupières du bleu-fatigue. Ses cheveux étaient noirs, très noirs, noirs charbons, parce que dans ma tête, j’avais passé des heures à faire danser ses flammes. Et, noir-charbon, c’est plus joli que gris-cendres.)
Presque.
Parce que dans ma tête, elle ne grognait pas. Elle ne m’aboyait pas dessus. Pas comme ça.
Elle ronronnait plutôt.
Alors, je me tais. Je ne dis rien. Le silence, quand il plane, c’est enivrant. C’est plein de regards – mes yeux sur le bout de ses cils. De soupirs. De mouvements insignifiants.
Je demande un chocolat chaud à la serveuse aux longs cheveux blonds et aux yeux bleus. Elle a sur le visage l’air effacé de ceux qui s’ennuient. Moi, je brûle.
Et quand le silence a assez duré, quand il s’est étiré de tout son long, qu’il n’a plus rien à cacher, que je n’ai plus rien à apprendre sur les cils de la brune animale, je le brise, d’un éclat de voix.
Charmeuse.
Un peu rauque.
Mais pas trop.
Bong.
C’est comme frapper à la porte et attendre que quelqu’un, à l’intérieur, ouvre. Mais je n'attends pas, moi. Je n'attends jamais. Je serre la poignée, très fort, et je l'abaisse, d'un coup sec.
Bong – puisque c’est son prénom, puisque c’est tout ce que je sais d’elle.
Je peux te dire un secret ?
Mon regard malice invite son regard dans une danse silencieuse.
Je voudrais ajouter, tu sais, ce n’est pas un secret très important, c’est un secret de rien du tout mais, je voulais te le dire parce que sinon, je ne pourrais jamais arrêter de penser à toi, tu viendrais habiter mes sommeils et, j’aime bien les obsession quand elles ont ton corps et tes lèvres mais, ça m’embête, tu sais, alors, il fallait que je te le dise, tu comprends ?
Mais je me tais.
Mes doigts fins s’approchent des siens.
Un centimètre.
Un centimètre de rien entre ma main et la tienne.
Et quelques secondes de silence pour un secret qui n’en est pas un.

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MessageSujet: Re: j'entends la mer. (kishi)   Lun 8 Déc - 20:57

plus belle qu'elle se la serait imaginée.
c'est vrai.
mais elle elle attendrit pas son coeur.
il est tout glacé tout brisé, et même si la jolie, elle est brûlante, elle arrive pas à le faire fondre.
c'est pas sa faute à elle.
c'est la faute à bong.
elle sait plus faire tout ça.
alors elle grogne un peu et sort les griffes - mais elle sait que, ça pourra pas durer longtemps.

pare que y'a ses yeux qui glissent sur son visage.
c'est délicieux.
ils laissent dans leur sillon des frissons.
ça lui glace encore un peu plus le coeur.
parce qu'elle veut pas elle qu'elle lui fasse ça.
qu'elle l'envoûte avec ses yeux noir étoile, et sa peau toute douce qu'elle caresse encore du regard. qu'elle aimerait effleurer du bout de l'index.
et ça brûle encore. mais pas le coeur de glace, lui il reste là, il bouge pas. au creux de sa poitrine. il fige le reste. elle regarde par la fenêtre, et parvient à décrocher ses yeux d'elle. elle regarde par la fenêtre le froid qu'il y fait au dehors aussi. il fait froid partout.
sauf en face d'elle.
mais elle peut plus regarder.

elle ne sait pas ce qu'elle avait imaginé.
elle ne sait pas même pourquoi elle est là. sur sa chaise de bois. à regarder le froid.
peut-être parce qu'elle l'aime déjà.
qu'à la courbe de ses mots elle l'aima. et que de ses courbes tout court elle tomba. de la ligne de son épaule. de celle de ses hanches - et de sa taille aussi.
tombée. et pas rattrapée.
peut-être qu'elle le ferait, mais bong veut même pas savoir. pas encore. c'est trop tôt.
alors elle regarde le froid, et s'en inspire beaucoup.
et balance des blocs de glace à la chaleur.
mais elle les pare des flammes qui dansent dans ses yeux.
bong dit rien.
elle regarde.
écoute.

(bong.)
elle tourne la tête et la regarde. - et se perd dans ses yeux. c'est ce qu'elle veut. elle le voit. et ça l'énerve encore plus.
alors elle dit rien. et puis elle danse avec elle dans ses pupilles - c'est comme une immense piste dans les astres - et c'est le silence qui rythment leurs pas.
elle la laisse se languir, pianote sur la table avec ses doigts noircis sous les ongles - à croire qu'elle s'est battue avec le goudron.
(je peux te dire un secret ?)
elle la regarde encore.
elle la dévore.
le lionceau grogne et a faim mais elle le dit pas.
parce que c'est plutôt l'autre qui la mange, là.
c'est elle la proie. et elle est bouffée d'ignorance. et de désir - mais ça encore elle le dit pas.
alors elle pince ses lèvres, les humecte, et sourit un peu - un peu, un tout petit peu, aussi discrètement que le bruit de l'ouverture d'une porte.
j'aime plutôt bien les secrets.
et encore.
ses doigts.
pianiste.
piano.
pianotent.
près des siens.
regarde.
ses doigts.
ses doigts.
pas un bruit.
l'odeur.
et sa peau.
près de la sienne.
si près.


que son index lui échappe et vient effleurer le sien.
insolent.
indolent.
délice.

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MessageSujet: Re: j'entends la mer. (kishi)   Mer 10 Déc - 16:48

En face, l’autre sourit.
C’est un sourire de rien.
Un truc minuscule.
Presque invisible.
Mais moi je le vois.
Et déjà, c’est une petite victoire.
C’est facile, tu sais. Tout le monde aime les secrets. Tout le monde aime ce qu’il ne faudrait pas dire, ce qu’il ne faut surtout pas répéter. Les secrets, ça rapproche.
Ça lie deux sourires.
C’est facile, les secrets.
Elle dit qu’elle aime ça.
Comme ça.
Elle dit juste qu’elle aime ça.
La curiosité, elle est ailleurs. Elle n’est pas entre ses lèvres, la curiosité. Elle sur la table. Là où les yeux font semblant de ne pas voir.
Elle est entre nous.
Et,
en un instant,
une seconde,
elle est comblée,
la curiosité.
Sa peau, contre ma peau.
Son doigts, doux, sur mon épiderme bouillant.
Mes yeux regardent toujours ailleurs. Je joue à celle qui ne sait pas.
Mais mon index s’enroule autour du sien, un moment, deux ou trois secondes, avant de le libérer.
Et je regarde ailleurs.
Sa bouche, peut-être.
Sa bouche, sûrement.
Ça me déconcentre.
Je voudrais dire « j’ai rêvé de toi, une nuit. Tu étais belle. C’est un secret qui en vaut la peine, tu crois ? » mais à la place je rapproche mon visage du sien et je murmure, comme un secret, un vrai de vrai, un truc à garder entre elle et moi, je murmure,

« dans mes rêves, tu avais la bouche sucrée ».
Et je ne m’en veux même pas de dire ça comme ça, de rien cacher, de ne pas maquiller les songes, de les livrer à l’héroïne.
Et, au cas où, j’ajoute,
« tu ressemblais à une sirène et tu souriais, tout le temps, tu me souriais, toujours ».
Ça, ce n’est même pas vrai. C’est juste parce que j’aime bien quand elle sourit.
L’air, autour, frissonne.
Pas moi.

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