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 Photographie. [Libre.]

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âge : 23 ans
crédits : Petulia

MessageSujet: Photographie. [Libre.]   Mar 2 Déc - 20:00

Tout commence ici. Devant cette étendue d’eau salée, infinie, couvrant l’horizon de son bleu devenant encre lorsque le soleil décline à l’horizon. Tout commence ici. Sous le regard patient de la lune ayant atteint sa rondeur la plus parfaite. Elle darde les alentours de son halo lumineux, dépose un voile doré sur l’océan qui, ce soir là, ne semblait vouloir faire entendre sa voix.
Une silhouette, fragile aussi fluette que le contour d’une plume se dessine dans l’obscurité. Elle demeure immobile, debout, à maintenir une partie de son visage envahit de tâches de rousseurs camouflés sous son épais col roulée blanc. Ses long cheveux couleur de feu flottent librement sous les caprices du vent, fouettent son visage sans que cela ne semble la perturber. Elle inspire, expire, observe avec un sourire la marque de son souffle marquant le vide, le temps d’une seconde.
Un froid glacial fait trembler la petite ville aujourd’hui. Le ciel a passé sa journée à déverser sa colère, obligeant les pensionnaires les plus téméraires à demeurer bien sagement chez eux. La nature s’imposait en unique reine. Capricieuse et mouvante, elle vous donnait soleil puis pluie, prenait ce qu’elle avait à prendre sans prêter attention à vous, misérables petits hommes aussi insignifiants que la plus petite des fourmis. Elle avait raison, mère nature. L’Homme n’était rien, tu le savais, cette vérité c’était imposée à toi à la seconde même où tes poumons accueillaient l’air pour la toute première fois. Toi que des bras inconnus avaient déposés quelque part, espérant qu’une bonne âme te ramasserait. Ce fut le cas. Pourtant, tu ne devrais pas être là, tu n’aurais jamais du survivre et pourtant. Une force étonnante grandissait en toi depuis ta naissance, une force de vie qui te rendais battante, ployant mais jamais ne se rompant.
Nouveau sourire, ton corps tremble, tu jettes un regard au reflet de la lune et attrape le petit appareil photo pendouillant à ton cou. La nature soupire, se repose, elle est calme et tu souhaites capturer cet instant qui viendra rejoindre le tableau photographique que tu souhaites construire de l’île. Il s’agit de visiter chaque coin à différent heure de la journée pour capturer les différences, les changements silencieux auxquels personnes ne faisaient attention sauf toi. Toi… Attentive à la fourmis qui peine à ramener une feuille à son nid. Attentive à l’océan qui soupire, gracile lorsqu’une simple brise silencieuse vient caresser sa surface. Attentive à la brume matinale venant obscurcir les alentours et donner un aspect effrayant à la moindre petite ombre. Observatrice de vie ce sont ces fluctuations permanentes qui venaient nourrir ton imaginaire. Grâce à cela, tu parvenais à conter les histoires les plus fantasques, les plus merveilleuses et à endormir en un battement cil un enfant turbulent. Tu étais comme cette eau, paisible et pourtant capable de bien des colères lorsqu’il s’agissait de te protéger. Petite folie douce qui se livre, d’une sincérité à faire pâlir de honte le plus fourbe des menteurs.

Deux clic et tu captures l’instant que tu attends depuis deux heures. Un nuage vient de passer devant la lune, brisant un instant son règne lumineux. L’océan change imperceptiblement de couleur et cela te plais. Tu aimes ces variations subtiles, fragiles, sauvages et fugaces.
Heureuse, tu laisses l’appareil photo pendre à nouveau à ton cou avant de retourner t’asseoir sur une des chaises mis à disposition des pensionnaires. Il n’y a personne ce soir là et si cette solitude ne te dérange pas d’ordinaire tu n’aurais pas été contre un peu de compagnie. Cela fait tout juste une semaine que tu es arrivée ici et tu as bien la sensation d’être la première. Tu soupires et sors de la poche de ton jean une cigarette. Ce poison ne te sied guère cependant, c’est là l’un de tes rares vices. Tu l’allumes et penche la tête en arrière, fermant les yeux tu laisses le vent marin venir fouetter ton visage. Tu es heureuse…
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