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 (libre) la chambre

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Invité

MessageSujet: (libre) la chambre   Ven 11 Jan - 22:26

c'est la mer du nord mais avec toi tout est lancinant, ça devient rio tout est
lancinant et tout et trop chaud pourtant ce soir, il fera zéro.


je voudrais une chambre sans vue s'il vous plait. une chambre sans fenêtre. une chambre qui ne voit pas et qu'on ne regarde pas. une chambre. une chambre sans vue, s'il vous plait.

et le lit sous son drap blanc dort sagement, je crois bien qu'il m'attends. cependant j'hésite. je ne sais pourquoi. mais j'hésite. j'attends là, muette, endormie, chancelant sur une jambe puis sur l'autre, devant le spectacle étonnant de ma chambre vide aux murs trop blancs. c'est comme si l'air soufflait sur mes membres, la tempête sous mon corps qui lentement me bouscule vers le banc de sable, contre lequel je lutte, je lutte, je lutte. je voudrais qu'on m'y porte, que l'on me rassure, qu'on me dise: ici, tu es chez toi. ici je n'ai pas à avoir peur, ici je connais, ici je sens, ici je. moi. mourir un peu contre ces draps. puis je ne bouge toujours pas. malgré les cris dans mon estomac, malgré les hurlements de mes jambes en péril et contre ça qui bouillonne en moi. m'allonger. sur un radeau, sur un rocher, sur l'eau, sur rien, tomber. tomber trop bas plus bas que bas et alors, alors ne plus se relever et dormir trop longtemps, laisser passer le temps. temps pis, tant pis. qui tempête dans ma tête. au rythme des mouettes de ma chambre sans fenêtre. de ma chambre qui sent le rien. cette douce odeur si calme qu'elle en est agitée. cette odeur qui est tellement qu'elle n'est rien. elle ne fait que sentir. une odeur qui sent, un mouvement transparent, les ondes brouillées pendant la guerre des tranchées, les lettres perdues des condamnés. l'ombre, la mienne, je crois qu'elle dort déjà, je crois qu'elle dort encore, je crois qu'elle dort toujours.

puis doucement. une vague un peu chaude, pas trop froide. une vague. qui n'a de corps que l'océan, si l'océan vide d'eau portait sur ses os un navire sans matelots. je crois qu'on me porte. je ne sais pas qui mais ce sont ses bras contre ma peau qui soulèvent mon bateau transformé en radeau. c'est comme si, en portant mon corps, en portant mon ombre, en portant mon être, on s'accrochait. comme si quelqu'un s'y accrochait. comme si soudainement, le fait de m'avoir dans ses bras le faisait exister. et mes jambes, naître ses bras, et mes cheveux, naître son cou, et mon buste, naître son torse, et mon souffle, secourir le sien. il aurait pu s'écouler des nuits sans que nous n'ayons bougé dans le noir trop blanc de ma chambre si brusquement habitée. alors il, elle, je ne sais pas, me posa, comme ça, sur les draps. et s'y glissa. contre moi, contre toi, contre ça qui pense mais ne réfléchi pas. et le silence pour seule identité, mes yeux clos pour ne pas le deviner.

je voudrais une chambre sans vue s'il vous plait. que je remplirai de peintures, que je remplirai de tableaux, que je remplirai d'eau.
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(libre) la chambre

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