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 (ulysse) c'est à propos d'être vivant.

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MessageSujet: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mer 12 Déc - 20:53

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ulysse et ényo
“c'est à propos d'être vivant.”

Des enfants qui courent, le plus vite possible, entre les arbres. ils trébuchent, tombent, rient, se relèvent et courent de plus belle. Ils échappent à leur loup. Ce dernier fait le décompte. Cinquante-trois, cinquante-deux, cinquante-et-un. Ils accélèrent. Les racines leur barrent toujours et encore le chemin. Leurs genoux brûlent, ils sont rouges de sang. Quarante, trente-neuf, trente-huit. On entend encore leur rire au loin. Ils pourraient pourtant être couvert par les cris des oiseaux. Parce qu'il fait beau. Parce que tout est bien, tout est beau. Tout n'est que joie et bonheur, il n'existe plus aucun problème. Si ce n'est que ce loup qui compte. Les limites n'existent plus, la notion de territoire est effacée. Le sourire de ce joli petit loup, la tête posée contre un tronc, les mains l'empêchant de regarder sur les côtés. Il joue le jeu, sans tricher. Comme s'il jouait au jeu de la vérité, sans mensonges. Leurs éclats de rire lui sont désormais imperceptibles. Il pleurera, vous savez. Il pleurera toutes les larmes de son corps, il se frottera les yeux à se les irriter. les cicatrices lui resteront quelques jours physiquement, mais elles resteront l'éternité mentalement. Ce, parce que ses fuyards n'ont pas la même vision du jeu de la vérité. Et apparaîtra la petite. la petite Ényo. Calme et souriante. Elle voudra s'en faire un ami, jouer à cache cache mais pas dans les bois. Les bois lui font peur à la petite Ényo, les bois lui rappellent les histoires que l'on raconte à propos des loups. Mais pourtant, la petite Ényo est sûre que les loups ne sont pas si méchants que ça. Mais elle reste un être humain, enfant, qui plus est. futur mouton formaté. La petite Ényo super-héros, la petite Ényo à la rescousse du loup compteur.
Mes yeux se baladent sur les bateaux que je dépassent au fur et à mesure de mon avancée. La vieille montre de ma grand-mère affiche plus de minuit. Effectivement, la nuit est tombée. Les seules lumières sont celles de la lune et de quelques sortes de lanternes. Certains bateaux sont encore animés par les âmes de leur propriétaire. Ils vacillent au rythme des vaguelettes sans se soucier de ce qu'il se passe à l'extérieur de leur propre monde. J'arrive au bout d'un ponton. Le bateau de cette place-ci a coulé. Je m'en souviens. C'était un soir d'hiver, c'était il y a des lustres. La mer s'est agitée, elle s'est énervée après ce pauvre vieil homme qui ne voulait que voguer. Elle ne voulait plus de lui et de ses rêves idiots de gloire. Elle ne voulait plus de lui et de son espère de vieux rafiot rougeâtre. Elle les a engloutie, elle s'en est fait un festin. Je me souviens si bien de lui. Il se plaisait à venir faire les yeux doux à ma mère dans la boutique. Il lui achetait des fleurs, inutiles. Il était vieux, il me faisait peur. Mais en même temps, il était captivant de par ses récits de voyage. Ils étaient tous faux, je l'ai appris par la suite. Cette nouvelle m'avait fait l'effet d'une claque, j'y croyais. Il était devenu mon père noël et ses histoires étaient mes cadeaux. Perte de confiance. Ce n'était donc qu'une illusion. Je m'assois au bord du ponton, en tailleur, les mains enfouies dans mon vieux pull gris. Vidée. Je suis vidée. Vidée comme l'emplacement sous mes yeux. Vidée de mon âme. Être fleuriste n'est plus fatiguant qu'autre chose. Être moi l'est certainement plus. Mais je pense que chacun se fatigue. C'est dans la nature humaine. J'inspire, j'expire avant de fourrer mon nez dans le col de ce pull. Il appartient normalement à mon père. Je l'adore, il a son odeur, son bonheur. Il sent aussi les fleurs, un mélange de parfum joyeux qui m'arrache un sourire. Je soupire. Le noir de l'horizon est effrayant, mais rassurant à la fois. J'ai la sensation d'être au bout du monde. Mais le craquement du ponton me tire de mes pensées. Je me retourne. Une silhouette s'approche. Une silhouette. Méconnue, pour l'instant.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Sam 22 Déc - 20:29



ényo, ulysse.



Les étoiles sont la seule source de lumière à cette heure, indiquant qu'il est minuit ou plus. La nuit est tombée, les rues se sont vidées et les maisons se sont remplies. J'ai éteint la lumière de ma chambre et suis sorti, essayant de ne pas faire craquer le parquet sous mes pas, pour ne pas réveiller celle qui veille sur moi depuis la mort de maman, soit depuis tout petit. Le vent frais glace mes joues et j'enfonce le menton dans mon col, protégeant ma peau des griffes du froid. Avançant rapidement à travers les rues, je sais parfaitement où je vais. Je m'y rends tous les jours, c'est là bas que je me sens bien. Ce soir, pour des raisons que je ne connais trop bien, je n'arrive pas à dormir. Des cauchemars. Encore, et toujours. Ils hantent mes nuits, attaquent mes rêves et m'envahissent. Mais je sais que la proximité de la mer et des bateaux m'apaisent. Ils apaisent mon âme et mes pensées. Comme si les bateaux attiraient les cauchemars dans leur cabine, et que la mer les emmenait, au loin. Là où ils ne pourraient plus revenir pour perturber mon sommeil. Connaissant le chemin par coeur, j'arrivais rapidement. La lune se reflétait sur l'eau, au large du ponton. Les bateaux se balançaient doucement, au rythme des vagues, en dansant. J'avais presque travaillé sur tous au moins une fois, je connaissais plus ou moins les propriétaires, que j'associai la plupart du temps au nom de leur bateau. J'avance doucement sur le ponton, profitant du bruit léger des vagues se cassant sur les piliers, ainsi que le vent soufflant entre les mats. Je relève le regard, ne m'attendant pas à voir quelqu'un, je m'arrête, essayant de deviner de qui il pourrait s'agir. Mais la nuit est trop sombre et à cette distance, la lune éclaire trop peu pour que je puisse distinguer l'identité de la personne. Elle semble s'être retournée aussi, sans doute intriguée par le craquement du ponton sous mes pas. Curieux, je m'avance. Je n'allais pas renoncer à atténuer mes cauchemars juste parce qu'une personne d'autre voulait peut être faire la même chose. C'était rare que je trouve quelqu'un ici à cette heure ci, et intrigué par la raison pour laquelle il ou elle pouvait bien être là, j'avançai. La lune ne tarda pas à me révéler l'identité de la personne. J'aurai pu ne pas la connaître, mais ce n'était pas le cas. Je la connaissais. Enyo. Les battements de mon coeur s'accéléraient un peu plus, je ne pouvais pas faire demi tour, elle aurait remarquée et su qui était la personne qui tournait les talons. Nous ne nous étions jamais échangé tant de mots que ça, mais je savais pourtant qui elle est. Elle est fleuriste, et je l'avais croisée lorsque l'amie de ma mère, Katia, m'avait demandé d'aller acheter tel ou tel bouquet. J'ai d'abord connu son prénom. Aux origines grecques, tout comme le mien. Puis sans comprendre pourquoi ni comment, je venais souvent à penser à son visage, ses expressions. Parfois, j'entendais des conversations desquelles son prénom s'envolait et je ne pouvais m'empêcher de tendre l'oreille. Jusqu'au jour où j'entendais une réalité dont j'aurais préféré me préserver. Enyo n'aimait pas les hommes, elle préférait la gente féminine. Déçu, j'avais préféré d'abord par ne pas y croire. Mais Katia me l'avait dit aussi, précisant que c'est ce qu'on raconte au village. J'avais été quelque peu rassuré, jusqu'à revoir la jeune femme en compagnie d'une autre. Des sentiments contradictoires m'envahissaient en cet instant même. Désir et déception. Je m'approchai tout de même, tâchant de ne rien laisser paraître. M'asseyant au bout du ponton, non loin d'elle, je fixe un instant l'horizon, même si on ne distingue presque plus la limite ciel et mer. Le silence se fait trop pesant, malgré l'atmosphère chaleureuse de la lune. Je prends la parole, doucement, légèrement hésitant.Toi aussi, les nuits ne te réussissent pas? Je n'étais pas très convaincue par mon entrée en matière, mais tant pis. J'aurai au moins brisé le silence.

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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Dim 23 Déc - 14:07

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ulysse et ényo
“c'est à propos d'être vivant.”


La silhouette méconnue freine, son pas se fait plus hésitant et les craquements incessants du vieux ponton se font plus bruyants. Mon esprit râle de ce presque silence de bord de mer interrompu par les affreux bruits de la vieillesse du bois. Je suppose que mon identité est relevée, qu'il n'existe plus aucun mystère à propos de qui je suis, enfin, plus précisément de qui je prétends être. J'en déduis alors que l'inconnu sûrement connu ferait demi-tour et prendrait la fuite s'il le pouvait. Mais il ne peut, il a trop avancé, il s'est trop aventuré pour me quitter. Il fait attention à ce que je pense de lui. Grâce à la lumière faiblarde de la lune et mes yeux habitués à cette obscurité, son visage m'apparait comme un éclair. Les flashs traversent mon esprit avec violence. Mon cœur s'accélère et rate des battements dans la précipitation. J'avoue avoir peur, être frustrée, déçue, heureuse. Si l'on peut décrire les émotions ainsi. Ulysse, Ulysse. Nous appartenons à la mythologie grecque, que nous soyons héros ou déesse, Homère mentionne nos vies. Mais sommes-nous une représentation de nos prénoms ? Suis-je si guerrière que ça ? Destructrice des villes ? Menant un peuple à la mort au côté d'un autre dieu ? Et Ulysse, es-tu le fidèle Ulysse à l'intelligence rusée et prétendument mort de la mer ? Peu importe. Mon ventre se met à brûler, ma peau aussi. Mes joues restent refroidies par la nuit, mais le rouge de ma chaleur intérieure les atteindra sans plus attendre. Je le sais. C'est ainsi à chaque fois que je croise ses yeux. Je me suis alors surprise à voir ses yeux dans mes songes les plus intenses, et toujours cette chaleur envahissante, cette brûlure agréablement désagréable. Les craquements cessent enfin lorsqu'il s'installe non loin de moi. Cependant, le silence n'est plus le silence doux et innocent d'avant sa venue, il est différent, il pèse sur nos épaules comme la terre sur celles d'Atlas. Il m'oppresse, m'enferme dans un incendie qui ne tarde à se faire insupportable. J'ai soudainement envie de crier à Almayer que je suis une menteuse, un éternelle menteuse, que j'abandonne mon couple souvent pour être moi-même, que je refoule mes désirs les plus profonds pour parvenir à garder une bonne image. J'ai envie de crier la vérité, que je suis juste quelqu'un d'autre, rien de plus, rien de moins. J'aime les hommes et les femmes un peu moins. Toi aussi, les nuits ne te réussissent pas ? La simplicité de sa question cache une réponse plus compliquée. Je pourrais lui déballer mes raisons. J'en ai envie. Mais je ne peux pas. Alors, mon incendie intérieur reste intact, il me brûle l'estomac, le cœur et les poumons. Puis, les joues. J'espère donc que la lumière lunaire n'éclaire pas mes joues rougies. Je réfléchis finalement à la réponse que je pourrais servir. Dire que c'est exceptionnel serait un mensonge, un de plus. Dire que je passe mes nuits à me lamenter sur mon sort serait en dire trop. Il faut trouver le juste milieu, l'équilibre entre mes extrêmes. Les pensées me rattrapent sans cesse et je préfère les laisser s'échapper ici. C'est étrange, je ne m'attendais pas à dire ça, je ne m'attendais pas à donner cette explication. Les mots se sont échappés de mes lèvres, ils ont vaincu ma raison à coup de petite vérité, car ils en sont parties intégrantes, de ma vérité. Je n'ose pas vraiment le regarder, j'ai bien trop peur qu'il découvre mes mensonges, qu'il découvre ce que je me bats à cacher. Je me dégoûte sans cesse d'être ce que je suis, et je ne veux devenir publique. Je ne cesse de me contredire me diriez-vous. Bataille incessante contre soi-même. Et toi, Ulysse, est-ce pour laisser tes pensées s'échapper ou t'échapper toi-même ?
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mer 2 Jan - 15:56



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Toi aussi, les nuits ne te réussissent pas? Essayer de vaincre le silence bien trop pesant grâce à cette question. Ridicule, je me sens ridicule, à poser une question hasardeuse, alors qu'à l'intérieur, je bous. Mon coeur bat trop fort et j'ai presque peur qu'elle l'entende. Il tape contre la paroi de sa cage thoracique, il veut sortir, résonner au grand jour, dévoiler la vérité. Dévoiler ce désir qui m'habite quand mes yeux croisent son dos, sa peau, ses yeux. Elle. Dévoiler cette déception de ne pas pouvoir être aimé en retour, car elle n'est pas du même bord que moi. Elle est de l'autre côté du pont. Et une mer entière nous sépare. Parfois, souvent, je l'observe de loin, sans attendre de regards en retour, car je sais que tout cela est voué à l'impossible. Je meurs d'envie, je meurs de désir. Parfois je la surprends à regarder vers moi, de l'autre côté du pont, de l'autre côté de la mer. Et là renaît l'espoir. Il s'en va, et puis il revient. Les pensées me rattrapent sans cesse et je préfère les laisser s'échapper ici. Sa réponse m'intrigue. Une question me brûle les lèvres. Quelles pensées? Raconte moi. Dis moi ce qui te tracasse. Mais c'est déplacé, pas convenable. Je n'ai pas le droit.
Dans un élan de courage, je laisse mon regard glisser sur son profil. Ses yeux à elle sont tournés vers la mer, et j'ai l'impression d'être de trop. De ne pas être celui qu'il faut. Et toi, Ulysse, est-ce pour laisser tes pensées s'échapper ou t'échapper toi-même ? Mon prénom glisse d'entre ses lèvres et un frisson me parcoure la peau. Alors, elle me connaît. A sa question, je pourrais répondre beaucoup de choses. Je suis perdu, et je me suis retrouvé là. ou encore Je n'arrive pas à dormir. Trop banales. Et ça ne réponds pas à sa question. Je cherche ce qui pourrait ne pas en dire trop. Car dans ma réponse, j'ai peur de laisser s'échapper ce que je me tue à garder pour moi. Mon regard se tourne vers les étoiles et la lune - quand il est posé sur elle, mon esprit s'embrume. Je supplie les étoiles de m'aider, me guider, comme un marin perdu au milieu des vagues. Pour laisser mes pensées s'échapper, je crois. Pour que les étoiles m'emmènent ailleurs. Pour qu'elles me guident. Parce que, vois-tu, je suis perdu. Perdu quand tu es là. Perdu quand tu n'es pas là. Perdu partout. Ne pas savoir pourquoi à causer ma perte. Pourquoi Elle est partie, pourquoi mon coeur s'enflamme lorsque tu es là, pourquoi on a décidé d'ôter la vie à ma mère. Pourquoi. Pourquoi j'ai l'impression que toutes ces questions resteront sans réponse? Je ne veux pas être perdu, je ne veux plus.

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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mer 16 Jan - 16:46

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ulysse et ényo
“c'est à propos d'être vivant.”


Je bataille contre mes envies pour ne pas l'observer, pour ne pas découvrir ses traits que je connais sans doute par cœur de les avoir trop contempler. Je connais la forme de ses yeux, la profondeur de leur couleur. S'il savait, s'il découvrait que je passe mon temps à m'imaginer son regard sur moi, son sourire pour moi. Je rêve de suivre la courbure de sa mâchoire, de me reposer sur ses lèvres. Mon cœur me hurle de poser mon regard sur lui, mon cœur me hurle de lâcher cette retenue. Il frappe ma cage thoracique avec haine et violence. Le frisson me parcourt la colonne vertébral et provoque en moi un tremblement de désir. J'attends alors sa réponse à ma question. La musique de l'océan me rassure quelque peu. Ma vie se fait tellement longue dans ce petit monde, où l'on se trouve, que je ne peux plus avancer sans cette mélodie incessante. Concerto pour Neptune. Les poésies qu'elle nous raconte berce mon sommeil et apaise mes maux. Pour laisser mes pensées s'échapper, je crois. Pour que les étoiles m'emmènent ailleurs. Pour qu'elles me guident. Ses mots attirent mon regard. Je sais d'expérience qu'il me sera impossible de le décrocher de sa contemplation. J'ai toujours eu peur de naviguer, je n'ai jamais fait confiance aux étoiles. Il existe de ces soirs où elles s'estompent, où elles se laissent embarquer par les nuages. Ces soirs-là, la nuit est bien trop sombre pour être guider. Ces soirs-là, je me raccroche à l'eau qui ne cessera jamais sa poésie. Mon cœur cogne de plus en plus fort et s'accompagne à lui le liquide rougeâtre pulsant dans mes veines. Et je vois. Je vois son visage, sa perfection. Sa douceur masculine. Je suis incapable de cligner des yeux, de manquer une fraction de seconde de ses expressions. Le silence n'a plus d'ailes, il se repose sur nos épaules, non pas comme un voile, mais comme une enclume. Si tu savais, Ulysse, si tu savais qui je suis, et surtout qui je ne suis pas. Il existe une différence majeure. Une seule différence qui dirige ma vie, qui empêche mes pas. Si tu savais tout ça. Je rabaisse les yeux une seule seconde pour me reporter sur l'horizon noyé par la nuit. Ulysse, je me permets de te demander. Quelles sont-elles ? Tes pensées. Quelles pensées peuvent nous perdre ? Les secrets, sans doute, les secrets, sans cesse les secrets. Maudits secrets. Ils nous rongent, ils nous rongent comme des rats le feraient. J'aimerais tellement me laisser porter par le vent de la vérité, qu'il efface le mensonge. J'aimerais tellement que mes lèvres échappent les bons mots, que mon mécanisme cérébral s'accorde à mon esprit. J'aimerais cesser de dégoûter, j'aimerais cesser d'être vue comme la fleuriste qui n'aimait que les femmes. J'aimerais être qui je suis. J'aimerais être Ényo. La vraie, la véritable. Celle sans mensonges, sans contraintes. Mais mon encéphale ne cesse de se dire que si la vérité s'expose, je ne serais pas Ényo, mais la menteuse. Celle qui a passé sa vie à cacher son être. Je suis désolée, c'est peut-être trop... secret. Je rabaisse une nouvelle fois les yeux, mes doigts tripotent nerveusement mon pull. Je tremble légèrement dû aux sensations bouillonnantes qui me traversent le corps et l'esprit. Mes doigts noyés eux aussi dans la nuit prennent la couleur légèrement bleutée du froid, mais malgré cette fraîcheur nocturne envahissante, la chaleur de mon corps ne s'estompe pas. Je serre désormais le poing autour du bas de mon pull. Je crois que je ne m'aime plus, je crois que je n'aime plus, je crois que je ne veux plus. Je crois que je suis perdue.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mer 16 Jan - 21:45



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Alors que mon regard est tourné vers les étoiles, je sens le sien qui glisse sur mon visage. Et c'est lourd, ça pèse. J'aimerais tourner la tête, puis plonger mon regard dans le sien. Et la voir. Elle. Son âme, ses rêves, ses pensées. Mais je sais que je n'y verrais pas le désir que je voudrais. Alors ça fera mal. Un peu. Mais j'en ai marre d'avoir mal. Pourtant l'envie, elle est là. Pourquoi on se torture comme ça? Si c'est pour se sentir vivre, on pourrait pas trouver une autre raison? Mais non, on ne peux que se sentir vivre dans le regard d'un autre. Le regard d'Enyo, il est bleu. Bleu comme le ciel. Bleu comme l'eau. Mon désir est fait de bleu. Ulysse, je me permets de te demander. Quelles sont-elles ? Tes pensées. Quelles pensées peuvent nous perdre ? Trop tard, j'ai cédé. Mon regard a rejoint le tien, Enyo, doucement. Mon coeur bat un peu trop vite et ça fait un peu trop mal. Mais tant pis. Si tu savais, ce que je pensais, Enyo. J'ai peur que si je le lui dis, elle rigole, parce qu'elle, elle s'en fiche du désir et de l'amour des garçons. Elle préfère ceux des filles. Elle s'en fiche de faire tourner la tête des garçons. Les pensées qui peuvent nous perdre, ce sont celles qui sont là en permanence. Celles qui te rappellent que ton désir n'est pas le bon, qu'il ne sera jamais réciproque. Je cherche une réponse, un peu vraie, pas trop fausse. Pour ne pas trop en dire. Parce qu'elle se moquerait. Elle me trouverait bizarre, puis me rappellerait qu'elle aime les femmes. En sous entendant qu'elle s'en fiche, de ce que je peux ressentir. Elle n'en veut pas. Puis je resterai perdu en mer, sans un phare à l'horizon, pour me ramener au port. Je resterai là, au milieu des vagues, au milieu de la tempête. A désirer que le phare soit ses yeux. Mais me souvenir que ses yeux ne brilleront jamais pour moi. Je suis désolée, c'est peut-être trop... secret. Voilà, Enyo, les pensées qui peuvent nous perdre , ce sont celles auxquelles on peut penser longtemps, desquelles on ne peut pas se détacher. Celles qui nous font perdre la notion du temps. Ce sont les secrets, qui sont inscrits dans chaque parcelle de ta peau, que t'es obligé de garder pour toi. Ce sont ces secrets, ces pensées, dont tu ne peux parler à personne. Alors t'es obligé d'en parler avec toi même. Et tu te perds. Ce sont les secrets. Ce sont les pensées que tu ne sais pas si tu peux partager. Celles qui t'habitent depuis longtemps. Celles qui résonnent dans ta tête, tout le temps. J'esquisse un sourire, comme pour me rassurer moi même. Me dire qu'un jour, ces pensées s'en iront, parce que le désir, à force, ce sera éteint. Me dire qu'un jour, ça ira mieux. Et toi, Enyo. Quelles pensées te rattrapent? Et tu sais, tu n'es pas obligée d'y répondre, non plus. C'est peut être secret. Peut être que comme moi, tu voudrais mettre ses pensées, ses secrets, dans des bouteilles, et les jeter au large. Jetons les ensemble.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Jeu 17 Jan - 0:04

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“c'est à propos d'être vivant.”




Mon regard ne bouge plus, il se fixe sur mes doigts clos autour des souvenirs que renferment ce vieux pullover. J'aimerais l'arracher, au fond de moi, et arracher ces souvenirs. Arracher ces souvenirs qui ne contiennent que des regards sur mon mensonge. Papa et maman qui l'apprennent, papa et maman déçus de ne pas marier leur fille à un marin, papa et maman contents de l'affirmation de leur fille, papa et maman. Papa et Maman. Même eux, ne sont que souvenirs. Ils sont désormais deux souvenirs hantant la maison. Deux souvenirs vivants. Deux fantômes présents, incapables de jugements. Ils ne parlent plus, s'effacent, se laissent avaler par la fatigue des jours et du temps qui ne cesse de tourner. Ils ont l'impression qu'ils avaient ouverts la bouteille hier, elle n'a plus le goût de ses beaux jours, elle n'est plus buvable. Ils ont l'impression qu'ils avaient une fille parfaite hier, mais ils n'ont qu'un mensonge qui perdure. Leurs vies ne sont plus, mais ils respirent encore. Leurs cœurs battent au rythme d'un amour consumé. Envolée la famille. Je pense à eux, aussi. Je pense à ces gens que je déçois qui sont devenus étrangers alors que le mensonge me croquait. Ce sont les secrets. Ce sont les pensées que tu ne sais pas si tu peux partager. Celles qui t'habitent depuis longtemps. Celles qui résonnent dans ta tête, tout le temps. Sa voix me rappelle à la réalité. J'avais laissé mon esprit voguer et se perdre dans les fonds marins. Oui, Ulysse, ce sont celles qui nous envahissent, qui prennent notre vie, qui l'arrachent de nos mains pour la réduire en miettes. Ce sont celles qui hantent notre esprit, persuadent notre encéphale. Nous ne sommes plus qu'elles. Encagés, enfermés, sous clefs. Mon poing serré se calme pour se laisser glisser. Mes doigts glissent sur le bois du ponton, ramassent de petits morceaux au passage et s'arrête à un bord de planche. Le bout du ponton, le bout de la terre. Notre enfoncée en mer. Je ferme les yeux un instant. J'ai la sensation d'être sur un radeau. L'eau est partout, en dessous, devant et derrière nous. Rassurante et dangereuse à la fois. Elle guette dans ses mauvais jours et ignorent dans ses meilleurs. Et toi, Enyo. Quelles pensées te rattrapent ? Je garde les yeux clos. Je sens l'eau ondulé sous le radeau, nous sommes forcés de suivre ses mouvements. Je sens mes muscles tremblés de naviguer pour la première fois. J'ai toujours eu peur de naviguer. J'ouvre alors les yeux. J'ai toujours eu peur de dire la vérité. Un murmure, un souffle, quelques mots échappés à voix haute. Involontairement. Indépendamment de ma raison. La folie m'emporte. La folie n'est que mon mensonge. Ma vie n'est que mon mensonge. Ma vie n'est que la folie. La vérité, Ulysse. La vérité me rattrape. Je prends une longue inspiration. L'air frais vient envahir mes poumons brûlants. Je ferme de nouveau les yeux. Cette vérité, elle est des plus inavouables pour ma raison. Je sais que je pique sa curiosité, je le sais pertinemment. Je m'en veux de l'attirer sur un chemin dangereux. Je me hais de lui donner l'espoir de me connaître. Je sais, je sais très bien que la vérité ne sortira pas. Je suis lâche. Je ne suis rien de plus qu'une menteuse. Et une fois de plus, comme à chaque instant où l'Ényo du fond tente une envolée, la raison me rattrape par la main. Non, reste-là, c'est plus sûr, me crie-t-elle à l'oreille. La raison prend alors possession de moi. Mes yeux s'ouvrent et redécouvrent le noir dans lequel nous sommes bercés. Ils se posent sur Ulysse et mes lèvres esquissent un sourire léger, un sourire menteur. Je suis désolée, Ulysse. Je dis n'importe quoi.


Dernière édition par Ényo Arleine le Ven 18 Jan - 21:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Jeu 17 Jan - 12:46



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Et puis elle ferme les yeux. Je l'imagine se laisser porter par ses pensées, dont elle m'a parlé. Qui se font bien trop lourdes dans la tête, dans le cœur. Qui l'envahissent par tous les pores de sa peau. Qui lui rappellent qu'il sera dur de s'en débarrasser. Emporté par ses pensées trop lourdes, moi aussi, je songe que si je me laisse tomber à l'eau, je resterai collé aux fonds marins. Pas assez léger pour remonter à la surface. Trop de choses inavouées, trop de secrets. La mer ne voudra pas me délivrer. Je serais fait prisonnier, condamné. Je mourrai des choses que je n'ai pas su dire, des désirs que je n'ai pas su exprimer. Et la mer me rappellera qu'il est trop tard. Et je me consumerai. Tout cela serait simple. Rapide. J'ai toujours eu peur de dire la vérité. Et elle m'en dit un peu trop. Ma curiosité est piquée au vif, marquée au fer. Inévitablement, des questions. Quelle vérité? Pourquoi cette peur? C'est la vérité, qui la rattrape. Comme si elle s'en était trop éloignée. Mensonge? Peut être. Sûrement, d'ailleurs. Elle a peut être mis le doigt dans un engrenage et tout cela a pris une trop grande ampleur. Elle est une prisonnière, maintenant. Et ça serait peut être trop douloureux d'en sortir. Mais ce ne sont que des suppositions. Au fond, je m'aventure, j'ose imaginer que cette vérité, c'est sa réelle attirance. Qui est tout autre que celle qu'elle laisse voir, quand elle est avec une autre fille. Mais ça serait trop beau. Je rêve un peu trop, là. Je crains de me heurter à un rocher en espérant cela. Et encore une fois, ça fera mal. L'idée que le désir ne sera jamais le même pour elle se fera encore plus lourde qu'elle ne l'est déjà. Mais si j'ose espérer cela, c'est parce qu'en fin de compte, elle n'a pas dit de quoi cette vérité est faite. Alors tout reste possible. Alors moi j'espère, même si les probabilités sont infimes. Qu'arrivera-t-il si tu l'as dit, la vérité? Dire la vérité pour sortir du mensonge, pour se libérer. Pour s'envoler. Pour ne plus se sentir étouffé les nuits, par les rêves, qu'on aimerait voir devenir réalité. Pour ne plus rêver de la vie qu'on aimerait vivre. Ne plus la rêver seulement, mais la vivre, aussi. Mais tout ça, c'est bien trop facile à dire. Après, il faut le faire. Et on sait que ça fera mal. Qu'on s'entaillera la peau, qu'on ressortira avec des bleus. On pèse les pour et les contre, mais c'est le contre qui l'emporte. On a pas assez de courage. Je suis désolée, Ulysse. Je dis n'importe quoi. Enyo, je ne te crois pas. La nuit, les mensonges, les pensées, ne nous étouffent plus. On est libre de dire tout ce qu'on veut, et on ne dit pas n'importe quoi. Je souris doucement, distinguant le sien dans la pénombre. Je n'ai pas cette impression là, pourtant. Tu crois à ce que tu dis. Tu ne dis pas tout ça par hasard. Je ne la force pas à en dire plus, je la laisse faire ce qu'elle a envie. Je fais simplement remarquer qu'il est dur de se cacher à cette heure ci de la nuit, qu'il est difficile de cacher ses vraies pensées. Elles peuvent sortir toutes seules, la peur n'est plus là, la nuit.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Dim 20 Jan - 21:30

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ulysse et ényo
“c'est à propos d'être vivant.”


Le regret, le beau, le grand, le fort. Il s'enflamme et danse avec mon désir. Ils se battent puis se réunissent. Le regret. Affreux regret. Le regret d'avoir laissé échapper les mots annonciateurs de ma vérité. Les mots dénonciateurs de mes mensonges. Qu'arrivera-t-il si tu l'as dit, la vérité ? Troublée, désappointée, sa question me voile. Le choc des titans, la vague déferlante emportant la vie, le déluge intérieur, la noyade de mon esprit, la disparition de ma liberté, le souffle de ma dignité. Ce qu'il arrivera, ce sera la fin. La fin de ma raison. La folie en dirigeante de mon corps. Ce qu'il arrivera, c'est tout et n'importe quoi. Séparation de deux personnes différentes. La vérité n'apporterait que mon malheur. Mais qu'est-ce que le malheur face à la libération ? Qu'est-ce que le malheur face à la possibilité de combler ses désirs ? Je m'excuse de lui dire n'importe quoi. Je suis perdue, je n'ai pas répondu à sa question. La vérité est trop dangereuse, c'est un chemin bien trop rude pour mes pieds nus. Je saignerais des conséquences. Mon sourire a déjà disparu, il était trop faux pour perdurer. Je n'ai pas cette impression là, pourtant. Tu crois à ce que tu dis. Tu ne dis pas tout ça par hasard. Mes yeux se posent sur lui. Il sourit légèrement. Je pourrais m'excuser de ne pas réussir à sourire, simplement, comme il le fait. Je n'arrive plus vraiment à exprimer ces sentiments. Ils me sont devenus étrangers. Je les ai vus s'éloigner, je leur ai dit au revoir, sans savoir qu'ils ne reviendraient jamais. Ils sont partis rejoindre la vérité au bout du chemin sinueux. Me laissant seule face aux remords et aux écorchures qu'ils laissent avec le temps. Mon mensonge n'est qu'un couteau planté dans le cœur, si je le retire, il cesse de battre. Mais plus il bat fort, plus la douleur est intense. Je suis enfermée dans un cercle vicieux où tout est douloureux. Mensonge et vérité. Encagement et libération. Je pense croiser son regard, mais rien que l'idée fait accélérer mon muscle cardiaque. Mon esprit crée lui-même les images. Et par delà de la torture subie à cause de ma folie, le désir déchire mes entrailles avec douceur. J'aime désirer tout autant que je déteste ça. Le fait que j'y croie, que ce n'est pas hasardeux, ne veut pas dire que ce n'est pas n'importe quoi. Ma parole répond aux ordres de ma raison, mes pensées sont dirigées par ma folie. Elles échappent à toute logique. Elles ne servent que ma folie. Ulysse. J'ai une question. L'annonce inutile, mes cordes vocales vibrent pour combler le silence lourd. J'aimerais tant qu'il soit léger, qu'on ne le sente plus. J'aimerais tant que le silence n'ait pas à être comblé, qu'il soit ce qu'il est, qu'il soit la douceur du repos mérité de nos paroles. Je pourrais m'abandonner à ce silence, s'il pouvait savoir parler à ma place. La question me brûle les lèvres. Mes yeux se posent sur Ulysse, sur son visage, sur la douceur de ses traits. Que penses-tu de cette vérité ? Que penses-tu qu'elle soit ? On ne sait jamais. L'écouter l'avouer à ma place pourrait suffire à ma libération. Il serait mon tapis volant au-dessus du chemin violent. Ulysse, sauve-moi.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mar 22 Jan - 23:18



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Le fait que j'y croie, que ce n'est pas hasardeux, ne veut pas dire que ce n'est pas n'importe quoi. C'est surtout elle qui donne ce qualificatif - comme pour s'en convaincre elle même. Elle essaie de rationaliser après avoir laisser échapper des pensées qu'elle aurait préféré garder. De me convaincre que ce que j'ai entendu est n'importe quoi, pour ne pas que j'aille chercher plus loin. Mais je sais que pendant un instant, c'était la vraie Enyo qui s'est dévoilée. Puis sa raison a pris le dessus, pour ne pas créer le chaos, le désordre à l'intérieur. Pour ne pas que cette vérité prenne l'emprise sur elle, pour ne pas qu'elle succombe à l'envie de tout dévoiler. Si cette vérité est cachée depuis trop longtemps, cela remettrait en cause beaucoup de ses comportements - et ce n'est pas réellement supportable pour l'esprit. Alors la raison s'impose et met un frein à tout ça. Je ne réponds rien, laisse le silence nous envahir. Elle ne sera jamais là Ulysse, elle s'en fiche, de toi. Ces pensées résonnent dans ma tête, s'inscrivent sous ma peau, et ça brûle de toute part. Sentir le désir qui brûle tout en sachant qu'il ne pourra jamais être satisfait. Chaque soir, chaque fois que je viens ici, je veux jeter à l'eau ce désir, ces pensées. Les laisser tomber. A chaque fois, j'ai l'impression que j'ai réussi à m'en débarrasser. Mais apparemment, les pensées savent nager, en particulier celles là - elles remontent le long des cordes de bateau, le long du ponton, pour me suivre à la trace jusqu'à chez moi, pour revenir me torturer dès le lendemain matin. Et ça recommence. Jour après jour. Ulysse. J'ai une question. Elle brise le silence - mon regard se tourne vers elle, intrigué. Et mon coeur qui se met à battre un peu plus fort - comme impatient, et un peu apeuré d'entendre sa question. J'ai peur de ne pas avoir de réponses à lui donner, ou de ne pas pouvoir lui répondre ce que je voudrais. Oui? J'attends sa question avec appréhension. Que penses-tu de cette vérité ? Que penses-tu qu'elle soit ? C'est exactement le genre de question que j'aurai préféré éviter. Celle où j'ai peur de lui donner la vraie réponse. Mais je ne sais pas mentir, alors cela se verrait tout de suite. Je pourrai profiter de la pénombre pour cacher les signes de mon mensonge. Pour ne pas être mis à découvert, pour garder la vérité à l'ombre. Mais ses yeux.. Ses yeux, ils réclament la vérité, ils l’appellent. La nuit, on ne peut pas mentir, comme ça. Si je lui mens à mon tour, c'est comme si je l'abandonnai, et n'essayai pas de la délivrer. La probabilité que cette vérité soit celle que je pense est fine, infime même. Mais... mais et si c'était ça ? Si je ne le lui dis pas, si je n'essaie pas, je crois que je vais regretter. Les nuits se feront un peu plus hantées, les démons se nourriront de mon mensonge, et grossiront encore et encore. Je.. Peut être que.. Et je détourne le regard, vers la mer, vers les étoiles. Peut être qu'elles pourraient m'aider à sortir ma vérité, en espérant que ce soit la sienne, également. J'imagine que peut être, ça pourrait.. cette vérité pourrait être le fait que.. Ma voix hésite, cherche une échappatoire, une faille. Mais j'ai déjà trop parlé. J'ai déjà trop montré que j'espérai que cette vérité prenne une forme particulière. Et dans un souffle, je délivre le reste. ..que ta réelle attirance n'est pas celle que tu clames. Et je ne sais pas où j'ai trouvé le courage. Une boule se forme dans ma gorge, dans mon ventre, la peur m'envahit. J'ai peur qu'elle rigole, qu'elle me demande comment j'ai pu croire une telle chose.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Mer 30 Jan - 22:56

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ulysse et ényo
“c'est à propos d'être vivant.”


La question sortie, libérée, elle attend sa réponse. J'appréhende sa réaction, surprise, dégout, haine, dédain, joie. N'importe laquelle pourvu qu'il y en est une. Je pourrais lire un millier de choses à travers ses yeux. Mais rien. Rien ne me parvient. Rien que l'incompréhension, la perplexité. La recherche d'une réponse juste. J'attends mon plat de réponses au restaurant de la vérité. Je ne prie même pas pour que le plat soit bon, je prie pour qu'il existe. Je.. Peut être que.. Voilà mon entrée. Assaisonnée de suspens. Mon cœur s'accélère et tambourine dans ma poitrine. Ses yeux fuient vers l'océan. Je peux fuir avec toi, Ulysse ? Mes yeux restent fixes sur son profil. Je connais ses traits par cœur de les avoir trop adulé. L'inquiétude se joint aux émotions présentes. Ulysse, si tu connaissais mon désir pour toi, Ulysse, si tu savais, qu'en dirais-tu ? Que ferais-tu ? Qu'en ferais-tu de ce fardeau que j'ai longtemps porté seule ? Je t'imagine mal fuir. Je t'imagine mal rester. Ulysse, qui es-tu ? J'imagine que peut être, ça pourrait.. cette vérité pourrait être le fait que.. Maigre plat de résistance. J'attends mon dessert. Mon cœur redouble d'effort. Je souffre. Dis, Ulysse. Dis-moi. Dis-moi mon secret. Dis-moi ma vérité. Ne te trompe pas, Ulysse. Brise le mythe que j'ai construit. Brise-moi. Ulysse, s'il te plait. Je t'en prie. ..que ta réelle attirance n'est pas celle que tu clames. Me voilà de retour sur le radeau de mon essence à voguer sur l'océan des aventures. Une vague de vérité me plonge dans ses aventures, négatives, positives, elles ne sont que poisons sur ma peau abimée par les mensonges. Les monstres marins me rongent mes derniers morceaux de vie. Je suffoque. La vérité est sortie, elle est là, dites de vive voix. Elle est pure, innocente comme si elle possédait deux grands yeux candides qui ne cessent de te dévisager alors qu'elle te ronge les os. De ses mots, Ulysse m'assomme. Il me sauve. Je coule. Son hésitation précédente fait sens. Les mots rongeurs se savaient violents, et sa raison pure le pressentait. Ma peau brûle. La vérité est dite, le désir veut s'enfuir. Il veut sa liberté. Il veut son envolée. Ulysse... Un souffle. Son prénom suspendu dans les airs, accroché à mes lèvres. Mon cœur serré par une main bien trop forte qui l’empêche de battre à vive allure. Ses ongles enfoncés dans les parois déclenchent des tremblements. Je ne sais plus d’où ils proviennent précisément. Du désir. De la vérité. Deux solutions. Ulysse est là, à côté de moi. Ulysse, qui es-tu ? Es-tu mon ange gardien ? Comptes-tu résoudre mon énigme vitale ? Ulysse, que veux-tu ? Que comprends-tu ? Je n'ose plus poser mes yeux sur sa personne, parce qu'aussi mystique me semble-t-il être, je sais qu'il n'est pas conscient des émotions que provoquent ses mots. Il n'est pas conscient du poids de ce qu'il a prononcé. Je ne l'en blâme pas. Je suis restée silencieuse. Longtemps. Trop longtemps. Mon regard dans le noir qui nous envahit. De quoi ai-je réellement peur ? Mes dents viennent à se refermer sur ma lèvre inférieure. Que dire ? Oui, Ulysse, tu as raison. Les mots sonnent faux. Non, Ulysse, tu as tort. Je n'aime pas violence avec laquelle il annonce la tromperie. Je n'aime pas cette violence. Elle ne serait qu'un mensonge de plus. Je sens une goutte de sang de ma lèvre se glisser sur ma langue. Le gout ferreux envahit ma gorge. C'est amer. Ouais. Comme la vérité. Pourquoi ?
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Sam 2 Fév - 18:43



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Et la peur s'immisce dans chaque partie de mon corps. Du bout de mes doigts, elle remonte le long de mes mains, de mes bras. Elle s'infiltre sous ma peau, glisse dans le sang pour diffuser l'émotion plus rapidement. Pour que celle ci atteigne le cœur, et le fait battre un peu plus fort. Une boule se forme dans ma gorge. Comme pour m'empêcher de parler après ce que je viens de dire. Ce serait une erreur, de parler. Alors j'attends. Je ne sais ce que j'attends. Ma punition, peut être. Pour avoir dit ça, pour avoir seulement osé y penser. Pour l'avoir espéré. Une punition qui pourrait se traduire par son départ à elle. Un départ, encore un autre. Et je me noierai dans les marées de sanglots, encore, pensant que je ne sais faire que cela : les faire fuir. Que je ne fais rien comme il faut, que je n'y arriverai jamais. Elle souffle mon prénom, pourtant. Elle ne rit pas de mon désir, de ce que je viens de dire. Elle ne part pas non plus, pas pour l'instant. Je relève mon regard pour le poser sur elle, sur son profil que la lune dessine avec son crayon argenté. Mon sang se fige, la peur glace mes veines, les secondes deviennent des minutes. Je l'observe, à la fois voulant retarder ce moment, et aussi le faire passer le plus vite possible. Mais c'est trop en demander. Le temps me nargue, il ralentit. Ma punition commencerait-elle par là ? Le temps décélère pour faire plus mal. Pour marquer un peu plus. Que veut dire son silence ? Le silence est capable d'être aussi léger qu'une plume, et aussi lourd qu'une enclume. Il est capable d'être annonciateur des meilleures choses, comme des pires. Je la vois qui commence à ouvrir la bouche, et j'attends la sentence. Pourquoi?
Alors là. Je m'attendais à tout, sauf à ça. Elle détourne mes paroles, elle n'y répond pas. Elle demande juste, pourquoi. Elle ne me dit pas que j'ai tort, que je suis fou, que j'ai raison, elle ne répond pas. Elle demande juste pourquoi. J'ai envie de dire : parce que. Parce que c'est comme ça. Parce que j'en ai envie. Parce que je l'espère. Parce que si c'est ce que tu caches, je voudrais t'en délivrer. Parce que si j'ai tort, je serais fixé. Parce que j'ai ce désir qui brûle en moi. Et maintenant, quelle réponse, parmi celles ci, choisir ? Mon regard se tourne de nouveau vers la mer, qu'on distingue à peine du ciel. J'ai déjà trop parlé, de cet espoir qui vit en moi. Les mots se font violents dans ma tête, ils s'entrechoquent, ils s'emmêlent. Moi aussi, je mets du temps à répondre. Je me perd dans mes propres pensées, mais la nuit appelle seulement la vérité. Elle occulte le mensonge et ne vous laisse que la vérité au bord des lèvres. Il suffit d'ouvrir la bouche. Un souffle. La vérité sort sans attendre. Parce que.. c'est ce que j'espère. Et l'espoir fait vivre, tu sais.
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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Sam 9 Fév - 13:59

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ulysse et ényo
“c'est à propos d’être vivant. ”

If the sea were
to drag me down,
I would
apologize
for not
being
able
to
float.
(kpk)

Le sang envahit ma bouche. Son amertume frôle l'horreur. Je passe un doigt sur ma lèvre, j'essuie un peu de sang, l'étale sur mes lèvres sans doute. Je n'ai jamais été impressionnée par tout ce qui touchait au sanglant, je ne me souviens pas avoir frôlé l'évanouissement en découvrant une blessure. Mais je me souviens de la violence des chocs, la violence de ces blessures. Je n'ai jamais été victime d'une quelconque intimidation, j'étais juste intrépide. Je n'entrainais personne avec moi, parce que personne ne voulait trainer avec moi. Mes jambes étaient couvertes de bleus et de plaies régulièrement ouvertes. Ma mère m'appelait la reine des bleus, elle feignait d'en avoir marre mais chaque blessure nous rapprochait. Chaque blessure contribuait à rendre notre amitié un peu plus forte. Chaque blessure la rendait plus heureuse. Elle versait l'alcool à désinfecter, je dansais, riais de mon ridicule. Elle riait avec moi. C'était rare de la voir rire. C'était rare de la voir sincèrement rire. Désormais, tout n'est que cicatrice. Une preuve physique de celles qui sont ancrées dans mon cœur. Je ferme les yeux, les doigts posés sur mes lèvres. Je peux l'imaginer prendre soin de moi, me demander ce que j'ai fait pour que ma mâchoire se referme sur mes propres lèvres. Je m'imagine lui raconter que j'ai craché un mensonge, qu'il a pris de l'ampleur, qu'il s'est mis à couler dans mes veines, accompagnant mon sang. Je lui dis que j'essaye de le rectifier, que je m'enfonce dans de plus grands mensonges, que je n'y crois plus, que j'ai essayé d'abandonner, une fois, deux fois. Je lui raconte qu'il existe quelqu'un, quelqu'un qui peut me sauver, quelques mots et tout est réglé. Je lui explique que ce n'est pas facile, que je suis terrifiée, que je suis dégoutée, que les mots tardent à s'échapper des lèvres du jeune homme. Parce que.. c'est ce que j'espère. La main autour de mon cœur se resserre un peu plus comme on sert quelque chose pour en faire sortir le contenu. Le désir se lance de nouveau dans une course effrénée, il rattrape ma raison, dépasse mes autres sentiments. Il parcourt mes veines et ne fait aucune erreur. Ma main retombe. Le désir y arrive, il sert mes doigts en un poing. Il passe par l'estomac et me fait l'effet d'un coup de pied dans le ventre. Le souffle m'est coupé. Mes yeux sont désormais sur l'objet du désir. Mon corps est entre les mains d'un sentiment indomptable, sauvage, brulant. Il a atteint son apogée, le point culminant de sa force. Il a deviné l'autre. Je me rapproche d'Ulysse. Je n'ai jamais été aussi proche de lui. Je n'ai jamais été aussi proche de ma vérité. Ulysse. Ma main vient chercher la sienne. Je me tourne vers lui. Mes doigts frôlent finalement les siens, le frisson fait trembler mon corps. Inspire, expire. Mes doigts se glissent sur les siens, ils s'y mêlent. Je suis plongée dans les traits d'Ulysse. J'aimerais les frôler de mes lèvres, y déposer un millier de baiser. J'aimerais laisser mon corps brûler définitivement de ce désir. Ulysse. Je souffle. Mes cordes vocales sont éteintes. Tout est devenu murmure. Tout est devenu chuchotis au creux d'une oreille attentive. J'ai peur de ne pas être prête, j'ai peur de ma vérité. Mais je ne recule pas. Ma raison est enfouie sous un amas de désir. Mon sang bouillonnant. Tout ça n'a jamais été aussi fort. J'ai l'impression d’être précipitée dans une chute infinie. Je n'arrive pas à définir si atterrissage sera doux ou violent. Le sang a séché sur mes lèvres et n'a laissé qu'un goût ferreux dans ma gorge. Ulysse. Rien ne sort de plus. Je suis dans l'incapacité de dire autre chose. Libération, souffrance, désir, passion, haine. Tout est mélangé. C'est la tempête, l'incendie.

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MessageSujet: Re: (ulysse) c'est à propos d'être vivant.   Sam 9 Mar - 19:20



ulysse et ényo.
“soudain pour un simple regard, je veux vivre au bord du vide. pour tomber dans ses yeux, tomber, m'abandonner au désir qui s'embrase."


Les secondes défilent, lentement. Le sablier du temps a ralentit, et chaque grain prend un malin plaisir à tomber le plus lentement possible. J'inspire longuement, essayant de calmer la nervosité qui me gagne. Je ne peux plus revenir en arrière. A partir de maintenant, elle sait ce qui m'habite, ce qui me hante en grande partie, la nuit. Elle seule, maintenant, jugera cela. Et j'ai peur, de ce jugement. Je crains savoir à l'avance comment il sera. Et pourtant, je l'ai dit. J'ai dit ce que je voulais, ce que j'espérai, au plus profond de moi. Parce que je me suis accroché à ce dernier espoir, au fait que cela soit un mensonge, pour pouvoir garder la tête hors de l'eau, pour ne pas suffoquer, pour ne pas me consumer de l'intérieur. J'entends qu'elle prononce mon nom, et j'ai l'impression d'être dans un tribunal. Le présumé coupable est appelé à la barre. Je tourne la tête vers elle, essaie de distinguer ses yeux dans l'obscurité - j'y arrive à peine. Cela aurait pu me permettre de deviner ma sentence avant qu'elle ne soit prononcée. Sa main se tend vers la mienne, et je ne comprends pas. Ses doigts se glissent entre les miens, et se serrent contre eux. J'ai chaud et froid en même temps. Je la distingue dans l'obscurité, et c'est comme si rien n'existait à côté. La mer, le port, les bateaux. J'attends un peu impatiemment ce qu'elle va me dire. Ce qu'elle va répondre à mes propos. Sa peau est douce, je serre doucement sa main dans la mienne pour que cette chaleur ne s'en aille pas tout de suite. Je crois que son regard est plongé dans le mien. Sa bouche répète mon prénom. Encore une fois. Et encore.
Et c'est tout. Je ne sais comment interpréter tout ça. Mon esprit s'embrume un peu plus. Je crois qu'à cet instant précis, j'ai besoin d'une réponse. Claire et précise. Franche, quitte à ce qu'elle soit tranchante. Quelle qu’elle soit. Je la veux. Pour savoir. Pour éclaircir les idées. Pour savoir si je dois me réjouir ou passer encore quelques nuits blanches parce que mon voeu ne se sera pas réalisé. Dis quelque chose. Je t'en supplie. J'ai été sincère, je t'ai tout dit, mes espoirs les plus infimes - alors soit le, sincère, à ton tour, s'il te plaît. Tu me le dois. Enyo. je dis dans un souffle, à mon tour. Ce prénom, ramenant avec lui tout le désir qui m'anime. J'ai peur, tu sais. De mal interpréter ce que tu as fait, là, en guise de réponse. Alors dis. Dis moi. J'ai eu tort d'espérer cela, c'est ça ? Je demande, doucement. En espérant encore une certaine réponse, une et pas une autre. L'espoir, encore et toujours.

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