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 l'enfant dô w/lou

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Invité

MessageSujet: l'enfant dô w/lou   Sam 17 Nov - 23:16



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



Hier, j'ai logé domicile sur la plage. Je ne l'ai pas quitté, ni même à la tombée de la nuit. J'ai veillé sur Lou comme à l'époque où je restais au chevet de ma sœur pour être sûre qu'elle passe une bonne nuit. Combien de nuits blanches ai-je écoulé pour être près de Elise à son réveil si elle faisait un cauchemar ?

Je me souviens de ce soir où j'ai rencontré Lou. Au départ, nous nous contentions de regards. Le silence n'avait rien de dérangeant dans l'histoire. Jusqu'au jour où j'ai brisé cette habitude, donnant à notre rituel un nouvel aspect. J'avais bien décelé dans ses yeux, un chagrin aussi douloureux que le mien. Nous avions parlé de notre problème brièvement. C'était le sujet dérangeant, tabou – gênant que nous évitions. Notre peine, notre tristesse, notre chagrin... Nous parlions beaucoup mais surtout pas de ça. Ai-je envie de savoir ce qui la tourmente ? Pas réellement, je respecte son silence comme elle comprend le mien. Nous n'avions pas besoin d'aborder nos douleurs pour nous guérir. Sa présence m'apaise,sa compagnie me soulage de la solitude. Quand je suis à ses côtés, je fais abstraction de tout.

La soirée s'était étirée, la nuit avait noyée la terre dans la pénombre. La fatigue avait emporté Lou dans un profond sommeil. Je n'avais pas eut envie de la réveiller et pour cause ! Je n'avais jamais vu son visage aussi apaisé. Elle était belle, ainsi. Plus douce encore que les jours, pendant lesquels sa douleur lui donnait un charme particulier. Je l'avais regardé durant un long instant. J'avais quitté mon pull-over pour lui recouvrir les épaules dénudées qu'elle présentait de par son simple maillot de bains. J'avais replié ses jambes pour la maintenir contre moi comme un enfant. Je l'avais couvé de cette fois pour la protéger du froid et pour la sentir plus proche de moi. Je ne voulais pas qu'elle attrape mal, ni qu'elle se réveille par un possible cauchemar. Comme si ma proximité en plus de la garder au chaud, lui permettait un apaisement sûr.

Le corps engourdi par le sommeil, je suis là, allongé – Lou dans les bras. C'est le petit matin et le ciel se teint aux couleurs de l'aurore. Tout doucement, je la libère de mon emprise, ma main derrière sa tête je lui dépose doucement sur le sable en même temps que je laisse aller son corps. Mon pull-over la recouvre à moitié, c'était surtout le cocon de mes bras qui lui procurait chaleur. Je me lève et laisse échapper un long bâillement.

Le jour prend place petit à petit. Je fais face à la mer et attends son réveil. Je ne l'ai en effet pas laissé seule cette nuit, ce matin non plus.

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Invité

MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Dim 18 Nov - 14:38



chris, lou.



Les rêves ne s'étaient pas transformés en cauchemars cette nuit là. Elle avait été paisible, calme. Les souvenirs ne m'avaient pas hanté, seulement bercé. Comme je l'avais été par le reflux des vagues tant de fois. Dans ce rêve, je n'avais pas peur. J'avais l'impression de savoir que ce n'était qu'un rêve, que ce serait le seul endroit où Maël serait présent, car en réalité, il n'était plus. Mais je n'avais presque plus peur de cette vérité, alors qu'auparavant, je me réveillais la peur au ventre, ne sachant pas comment j'allais vivre, voire survivre, sans lui. Mais depuis quelques temps, tout cela c'était apaisé. J'avais remarqué qu'une seule présence faisait cet effet là - en effet, depuis que ce lien s'était installé avec Chris.

Chaque soir, je venais marcher le long de la plage, ou m'asseoir sur le sable, contemplant l'horizon. Un soir, il était là. Je me suis approchée doucement, l'observant d'abord de loin. Puis j'ai remarqué ses traits. Fins, comme les siens. De profil il lui ressemblait un peu. D'abord troublée, après plusieurs soirs en silence, sa présence m'apaisait. De part sa ressemblance d'abord, sûrement. Puis aussi par son silence. On s'observait, et on savait, c'est tout. Pas besoin de poser de questions. Cela avait évolué, le silence avait laissé place aux mots. C'était devenu un rituel inévitable, chaque soir. Ce soir ne faisait pas exception.

Mon esprit se mit en éveil lorsque je sentis que je bougeais de position. Je mis quelques instants à me rendre compte de où je pouvais bien être. Doucement, mes paupières s'ouvraient, et une odeur salée se faufilait dans mes narines. Je frissonne légèrement, malgré le pull me recouvrant - je comprends alors que le jeune homme a dû rester près de moi, que la chaleur humaine m'avait fait office de couverture cette nuit. Je me redresse sur le coude, et ne tarde pas à l'apercevoir - face à la mer, notre habitude. Du soulagement se fait sentir. Il ne m'avait pas laissée, ni réveillée, il m'avait protégé. Des cauchemars, du froid, du vent. Il avait fait office de cette tour qui s'était écroulée quand Maël est parti. Je me redressai, passai son pull autour de mes épaules, en m'emmitouflant dedans. Sans bruit, je le rejoignis. Arrivé à sa hauteur, je posai doucement une main dans son dos, pour l'avertir de ma présence. Merci pour cette nuit. De m'avoir protégé, tout simplement. Mais pas besoin de le préciser, il pouvait le lire dans mes yeux. Mais pourquoi ne m'as-tu pas réveillée? Ce n'est en aucun cas un reproche, tu sais. Bien au contraire - j'ai pu avoir un sommeil apaisant, pour une fois. Et ce grâce à toi.
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Dim 18 Nov - 15:33



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



Je me perds, le regard sur l'océan mer. Cette étendue d'eau m'a tout de suite rendu plus serein, même au premier jour. Ce qui se dégage de la mousse marine, c'est le parfum subtile de la liberté. Qui aurait cru que l'isolement, dans un cadre pareil était une des meilleures thérapies ? Je ne trouve pas encore entièrement la raison pour laquelle je suis là aujourd'hui, pourquoi j'ai la chance d'être à Almayer au lieu d'un intérieur de cellule. Mais la magie qui se dégage en ces lieux m'empêche de trop penser. Et c'est surtout ça qui fait du bien. Ne plus songer, ne plus réfléchir au passé, cesser de se tourmenter : de ce que l'on n'a pas fait, des erreurs qui auraient put ne pas exister. Rêver d'un présent placide, d'un futur rassurant.

D'une certaine façon, Lou me rappelle Elise. Mais étonnement, la douleur est plus surmontable que dans n'importe quelle autre condition. Cela aurait pût être quelqu'un d'autre que Lou. L'aurais-je accepté comme je le fais ? Aurais-je cherché à savoir qui elle est ? Aurais-je attendu tous les soirs sa venue sur la plage pour pouvoir se regarder en silence ? Mon cœur palpite d'une drôle de façon quand Lou est là. Il se comporte étrangement aussi quand mes pensées sont pour elle. Et quand je fais le rapprochement avec Elise, son battement est tout autant particulier.

Je ne cesse pas de regarder la mer. L'océan est pur. Son odeur est gourmande. La caresse du vent est délicate. Le torse ainsi nu, je suis parcouru de frissons mais c'est loin d'être désagréable. Je ferme les yeux cachant les rougeurs autour de mes pupilles. Mes paupières sont lourdes et ma vue est presque troublée par le picotement que ma nuit blanche leur inflige.

Sans effort pourtant, je dévoile mes pupilles au soleil après avoir senti une main se poser dans mon dos. Sa voix telle une douce mélodie m'interpelle. Je lève doucement la tête et croise le regard de Lou. Bonjour. dis-je presque dans un souffle. Lou me pose une question et en guise de réponse je lui attrape la main et l'invite à s'asseoir à son tour. J'attends l'instant où elle demeure près de moi pour entrechoquer nos épaules, effleurer sa jambe avec la mienne et entremêler mes doigts aux siens. Je marque un long silence. Je ne veux pas répondre tout de suite bien que je détiens la réponse, pourtant.

Puis après un instant, je me décide. Tu avais l'air si apaisée... Une courte pause. Cela aurait été un crime de te réveiller. Je fixe encore l'eau étincelante par les rayons du soleil.

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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Ven 23 Nov - 18:29



chris, lou.



Dans son souffle il me dit bonjour, et guidée par sa main, je m’assois près de lui. Je ne compte plus les heures que nous passons, assis sur le sable, à contempler l'horizon, à rêver - que notre douleur est partie, que le futur peut être envisagé sans aucun mal qui nous ronge. Nos peaux se caressent doucement et je ne peux retenir un frisson. J'aime sa façon dont, innocemment, son épaule vient doucement pousser la mienne, puis sa jambe effleure la mienne. Ses doigts qui se faufilent entre les miens, là où j'ai l'impression qu'ils ont leur place. Ma petite main agrippe la sienne - nous sommes comme deux bouées s'accrochant l'une à l'autre, à défaut d'avoir une plage à laquelle nous amarrer. Nous, on flotte, à la recherche de notre lumière, d'un ailleurs, plus beau, moins douloureux, moins sombre. Almayer s'est révélé être une destination idéale - remplie de rêves, d'horizons. Mes nuits, bien que perturbées par ces inlassables cauchemars, semblaient plus agréables. Je pouvais rester à ma fenêtre et me laisser bercer par le bruit des vagues. Elles étaient là, en silence, à écouter. Faisant battre mon coeur de nouveau à une vitesse normale.

Chris. Ce prénom que tu prononces dans un souffle. Cette personne qui a un effet analogue aux vagues, un effet apaisant. Il m'inspirait un sentiment connu. Quand je l'avais vu, j'avais tout de suite eu cette envie de le protéger. Quand j'avais vu la noirceur de sa douleur dans ses yeux. Je voudrais être celle qui lui dirait ca va aller, tout ira mieux, être celle qui l'aiderait à se relever lorsque la douleur le fera se mettre à genoux. Lui faire des promesses, lui fredonner des mélodies, le prendre dans mes bras, le consoler. Sans connaître sa douleur, juste en sachant qu'elle est là. Cela suffit, je crois.

J'aimerais lui dire qu'il lui ressemble, qu'il m'apaise tout autant, qu'il me met du baume au coeur. Que ses gestes apaisent mes nuits. Qu'il les rend douces, tranquilles, apaisées. Tu avais l'air si apaisée. Cela aurait été un crime de te réveiller. Je serre doucement sa main. Le manque de sommeil avait facilité un sommeil profond, mais le fait qu'il m'avait gardé contre lui avait beaucoup joué aussi, il n'y avait pas de doute possible. Mon regard se permet d'observer ses traits, ses yeux, sa bouche. Je n'ai pas envie qu'il parte. Je veux qu'il me dise qu'il sera là. Tous les jours. Toutes les nuits. Toujours. Tu sais. Je commence, doucement. C'est l'une des nuits les plus apaisantes que j'ai passé. Depuis longtemps. L'ombre d'un sourire - j'apprends encore. Je suis en cours de guérison. Et je suis certaine que t'y es pour beaucoup. Confession à mi voix, un souffle à son oreille. La vérité. Pure, simple, belle. Là, comme une évidence. Comme l'évidence qu'un jour, tout ira mieux.
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Dim 25 Nov - 0:53



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



La mer n'est jamais la même. Elle même vous le direz si elle pouvait parler. Je suis la mer. On me connaît. Je suis salée. Je suis bleue quand le ciel est bleu, verte quand le ciel est...vert. Si vous me préférez rouge, je suis la mer Rouge. Noire, je suis la mer Noire. Jaune. De corail.

Ce matin, elle est la mère Aurore. Son étendue d'eau, de par la robe du ciel matinal se présente rose et orangée. Quelques petits nuages pâtissent l'horizon. Pour l'instant l'océan est calme. Je remarque la façon que la terre à d'être si tranquille. Sur le sable fin, aucune trace de pas. Les empreintes ont été avalées par la marée. Les vagues lèchent sans relâche jusqu'à rendre à la nature, sa vierge allure.

Les heures passent, les jours se succèdent sans que l'on s'en rende compte. Je n'ai pas vu passer la nuit, attentif au bien être de Lou. Pourtant, attendre le lever du soleil aurait pût s'avérer long. Et pourtant... Je regarde l'océan, sans lassitude. Je pourrais rester là pendant un long moment - une journée de plus. Je pourrais peut être aussi me laisser mourir ici, rêver de voir mon corps disparaître par la marée. Le courant m'emporterait et je me noierais sans aucune douleur, vingt milieux sous les mers.

Quand je tourne la tête pour pouvoir fixer Lou, je constate son regard qui décrit les courbes de mon visage. Sa bouche posée près de ma joue, son souffle me caresse la nuque quand elle prononce ses premiers mots. Je serre ses doigts entre ma paume, avide d'en savoir davantage. Je ne quitte plus ses yeux ou juste quelques secondes, histoire de fixer ses lèvres rosées. Tu sais. Je reste là, pressé d'en savoir plus - sa pause trop insupportable au fond. Et pourtant qui aurait imaginé que par sa confession terminée, mon cœur est secoué ? Etrange sensation. Douleur insupportable. Je fronce légèrement les sourcils puis baisse la tête. Je ne veux pas qu'elle perçoit mon malaise. En effet, les larmes me montent aux yeux. Le ventre noué, je n'ai pas la force de lui répondre car penser à ma sœur et la promesse que j'avais brisé était l'une des choses que je supportais mal. Je ne peux pas faire abstraction ni oublier. Qu'ai-je fait...malheur ! Il y a t-il un moyen de revenir en arrière ? Je voudrai me racheter...si Elise est morte, c'est entièrement ma faute. Je n'ai pas été là pour l'empêcher de monter dans cette voiture. Je n'étais pas là pour tenir éloigné ce misérable John. Les coups n'avaient servi à rien. La colère toujours présente, l'absence de Elise toujours là...rien ne pouvait la ramener...

Sans aucun contrôle, sans l'avertir, j'attire Lou contre moi et la serre plus fort que jamais. Je me fiche qu'elle puisse sentir la façon qu'à mon cœur de défaillir par mon torse plaqué sur sa poitrine. Mon visage dans ses cheveux, je laisse perler une larme salée le long de ma joue. Je n'ai pas été là pour Elise...serai-je assez fort pour soutenir Lou ? Dès le jour où je l'ai rencontré j'ai su que je ne pouvais pas l'ignorer. Elle me rattache à Elise. Peut être dangereusement mais elle est l'unique personne avec qui je suis le mieux, auprès de qui j'arrive à croire à un avenir meilleur. Bien que la douleur ne cesse et que le souvenir de Elise me hante nuit et jour.

Dans un murmure plein de promesse, je laisse échapper quelques mots. Des paroles surtout, à ne pas prendre à la légère. Je veillerais toujours sur toi, Lou Une main dans sa nuque, la seconde demeure dans son dos pour que du bout des doigts, je lui cajole la peau tendrement.

J'ouvre les yeux et m'écarte doucement sans pour autant la libérer de mon emprise. La chaleur de son corps m'est précieuse. Sentir de la vie entre mes doigts est un réconfort dans ce tourment. Cauchemar éveillé à cause du souvenir de Elise. Ma jolie chasseuse de papillons. Mon papillon multicolore. Mes yeux cherchent ceux de Lou pour capter son attention, tandis que je ressens le besoin d'être près d'elle plus que d'habitude. Un doigt sous son menton je lui relève le visage et me noie dans la clarté de ses pupilles. Par ce doux malaise j'embrasse tendrement sa joue. Je n'ai pas envie de priver mes lèvres de la douceur de sa peau. Et je suis maintenant convaincu que je ne supporterai pas mes jours sans Lou non plus. Mon rayon de soleil. Ma bouffée d'oxygène. Mon nouvel espoir - ma force. Mon tout. Je veux la voir sourire, lui faire comprendre que plus jamais elle ne sera seule et que le bonheur est à sa portée.

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Invité

MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Dim 25 Nov - 13:31



chris, lou.



Ses yeux se détournent des miens un instant, à mes mots. Imperceptiblement, je fronce les sourcils, surprise de le voir s'éloigner ainsi. Ces mots ont l'air de le toucher bien plus qu'il n'y paraît, comme si ils étaient reliés à sa douleur. Je ne veux pas poser de questions sur celle ci, ce serait une intrusion trop grande. Je me contente de poser un regard rassurant sur lui, serrant sa main dans la mienne, comme pour le retenir, pour ne pas qu'il s'éloigne de trop. Je ne pense pas que perdre quelqu'un une deuxième fois soit surmontable. Et puis, surtout pas lui. Ce serait comme perdre Maël une deuxième fois. Alors je m'accroche à lui, espérant qu'il ne prenne pas la fuite face à ces mots. Reste, s'il te plaît.

Mais il ne part pas, bien au contraire. Ses bras se referment sur moi, et je l'accueille dans les miens. Je le serre, fort, fort. Son coeur bat fort, lui aussi. Son souffle irrégulier, je l'entends aussi. Mon étreinte se fait encore plus grande. Le protéger, c'est ce qui m'importe le plus. De quoi, de qui? Je n'ai pas de réponses à ces questions, je n'en aurais peut être jamais. Mais on n'est pas obligé de savoir de quoi on protège quelqu'un. Contre le vent, la tempête, les cauchemars, les fantômes, les pensées trop sombres, les nuits trop noires. Contre parfois la vie qui s'acharne. Contre tout. Peut être que cette envie là est pour me racheter de n'avoir pas su protéger Maël, parce que c'était lui le grand frère. Mais l'âge importe peu. J'aurais du être là. J'aurais du sentir le danger. J'aurais du le retenir. Car il le faisait pour moi, il me disait ne va pas là, ne fais pas ci, pas comme ça, fais attention. Un peu trop, peut être. Mais il le faisait. Moi non. La culpabilité me hantera jusqu'à la fin. Peut être que protéger Chris me permettra de me racheter, un peu. Savoir le retenir, être là, pour ne pas qu'il sombre trop bas. Ma tête est posée sur son épaule, l'entraînant doucement de droite à gauche pour le bercer, j'essaie de consoler son âme, mes doigts frôlant son dos.

Et puis, des mots. Des mots familiers, des mots que j'ai déjà entendu maintes fois. Ses mots. Mes muscles se tendent. J'ai l'impression de rêver, j'ai entendu les mots de Maël mais ce n'est pas sa voix. Des frissons me parcourent toute entière. J'ai chaud. C'est la flamme dans mon corps qui s'est ravivée, la flamme dans mon coeur. Il s'écarte doucement, juste l'espace nécessaire pour qu'il pose ses yeux dans les miens, sans savoir les sentiments qui m'ont envahi à l'instant. Sa bouche contre ma peau, je ferme les yeux. Je sais que ce n'est plus le pull sur mes épaules qui me réchauffe, c'est sa présence. Des larmes me montent aux coins des yeux et mes mains tremblent, un peu. Je viens les poser dans son cou, posant mon front contre le sien. Les perles salées viennent glisser sur ma bouche, qui tente d'esquisser un sourire. L'ombre de l'espoir. L'ébauche d'un demain meilleur. Plus sûr, moins sombre. Tout ira mieux, je te promets. Tant qu'on est tous les deux. Tant qu'on tient nos promesses. Tant qu'on reste en vie. Ensemble.
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Mer 12 Déc - 22:21



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



A la sentir tout contre moi, la tourmente s'en va peu à peu pour laisser place à un sentiment de bien être absolu. Mes mains dans ses cheveux j'y glisse mes doigts pour les caresser tendrement. Je m'enivre à la fois de son parfum, à demi salé et fruité. Et puis je laisse échapper d'entre mes lèvres une promesse que je compte bien tenir. Mon front à présent contre le sien je décris du regard les traits de son visage. Et puis je découvre ses yeux baignés de larmes. Je fronce les sourcils et délaisse sa nuque pour venir agripper sa taille et la rapprocher un peu plus de moi. Mon pouce vient recueillir son chagrin et je l'embrasse à nouveau. Avec toute mon affection je lui souris. Sans doute, la première fois que je ne fait pas semblant. C'est avec sincérité que je respire depuis longtemps dans ce monde sans Elise. Tout semble prendre un nouveau tournent depuis quelques minutes et le futur parait moins effrayant et j'ai le sentiment que j'ai plus de force que d'habitude à pouvoir tourner la page sur un passé douloureux et à faire le deuil de sa mort.

Quand je vois sa bouche qui s'étire en un sourire, mon cœur se serre un peu plus de bonheur. J'en rêve depuis le premier jour où mes yeux se sont posés sur elle. J'aimerai l'entendre rire également, la contempler toute épanouie. Cela demeure un rêve que je compte bien réaliser. Je vais tout faire pour rendre sa vie plus agréable. Lou mérite d'être heureuse. Rassurante, elle murmure quelques mots qui clôture ce silence instauré depuis quelques minutes déjà. Je t'en fais également la promesse, Lou. A deux, nous serons forts. Je marque une pause pendant laquelle je ne cherche pas à rompre notre contact. Son corps tout proche du mien est ce dont j'ai besoin. Je n'ai pas envie de lâcher sa main pour nous séparer le temps d'une journée. Je sais que dans tous les cas je la retrouverai ce soir sur la plage mais malgré cela...ma décision est prise. Je passerai mes heures à ses côtés. Qu'importe si je dois me rendre quelque part aujourd'hui. Tous mes rendez-vous sont annulés d'office. Notre vie ici, à Almayer n'est de toute façon pas programmé à l'avance. Je parle donc comme si ça aurait été le cas. Passons la journée ensemble. Que je murmure près de son oreille. Je voudrai d'abord soulager mes yeux et mon corps tendu de toute la fatigue que j'ai encaissé pendant une nuit durant. Je pense avoir moins de difficulté à trouver le sommeil à ses côtés. J'aimerai que tu veilles à mon chevet le temps que je dors un peu. Cela ne sera question que de quelques heures. Je n'ai jamais eu l'habitude de traîner au lit, préférant de loin me lever toujours tôt pour pouvoir profiter du soleil aussi longtemps que je le peux.

J'attends sa réponse même si je ne lui posais pas directement une question. Je ne quitte pas son regard. Je me dis qu'elle est belle et qu'il devrait être interdit de rendre une femme comme elle, malheureuse. Que le ciel s'est acharné sur ses épaules le plus égoïstement possible. A présent, je suis là pour Lou : veiller, protéger, couver...tels sont mes devoirs à l'égard de la douce.

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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Dim 16 Déc - 19:18



chris, lou.



Les perles salées coulent vers le sable, comme pour pouvoir ensuite rejoindre la mer. Elles coulent le long de mes joues mais leur origine n'est pas Chris, seulement la nostalgie. La nostalgie, le manque, et les souvenirs. Mais je sais que grâce à lui, grâce à Chris, la douleur s'est atténuée. Pas seulement parce que quelque part il lui ressemble, mais parce que je trouve en Chris la personne qui me maintient la tête hors de l'eau, et qui m'aide à nager. Nager dans la vie, à travers les minutes, les heures, et les jours qui passent. Une personne qui m'aide à avancer sans trébucher, par sa simple présence. Il efface les larmes, sa bouche vient se poser de nouveau sur ma joue, et ce geste confirme ma pensée. Je t'en fais également la promesse, Lou. A deux, nous serons forts. Il a raison. Car tout seul, je n'étais rien. Faible. Une feuille, ou un grain de sable, subissant la colère du vent, se laissant porter par ce dernier. Je n'avais aucune destination, je errais, désemparée, dans les rues d'Almayer, dans les couloirs de la pension, sur la plage. Je ne savais pas quoi chercher, ni où le trouver. Mais c'est grâce à cette errance que j'ai rencontré celui qui en marquera la fin. Un mal pour un bien, sûrement. Désormais, la route à suivre serait le chemin de la guérison, du deuil. Nos valises seront remplies de souvenirs et nous apprendrons à vivre avec, au lieu de les percevoir parfois comme un fardeau, ou un poids à nos chevilles. Qui nous retiendrait dans les profondeurs de la mer, sans que jamais nous ne puissions revoir la surface et respirer à nouveau normalement.

Mes bras enserrent doucement ses épaules, et je me rends compte que c'est l'endroit où je me sens le plus à ma place, là, près de lui. Où je n'ai pas l'impression d'être inutile, où je n'ai pas l'impression d'être de trop. Passons la journée ensemble. Je souris doucement, une nouvelle fois. Ou plutôt, une nouvelle tentative. Le processus de guérison semble se mettre en place. Je souris parce que sa proposition était ce que j'avais imaginé. Avec plaisir. De toute façon, c'est ce que j'avais prévu. Un léger silence s'installe, mais il n'est pas pesant ou embarrassant. Nos silences ne le sont jamais. Ils ne sont ni pesants, ni vides, mais toujours remplis d'échange, à travers un geste, un sourire. J'aimerai que tu veilles à mon chevet le temps que je dors un peu. Sa nuit à veiller sur moi et mes maux a dû être épuisante, et j'acquiesce, c'est à mon tour de veiller sur lui. Je vais essayer de faire sa nuit douce comme il a rendu la mienne, éloigner ses peurs et ses cauchemars comme il a toujours réussi à le faire. J'ose poser ma bouche sur sa joue à mon tour, avant de desserrer mon étreinte, le laissant s'installer pour se reposer tranquillement. Sa tête sur mes genoux, je le vois fermer les yeux et j'observe quelques instants ses traits, qui semblent apaisés. Cela met du baume au cœur, du baume pour soigner la blessure, cela fait chaud au coeur, pour réchauffer le vide formé dû au manque. Et maintenant qu'il est là, je sais que doucement mais sûrement, la blessure se refermera. Je sais qu'aujourd'hui est la promesse de demains meilleurs.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Jeu 20 Déc - 23:19



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



Si j'ai le devoir de protéger Lou et d'être là pour elle, la chérir semble être aussi d'une grande logique. En y repensant, quand je la regard je sais au fond que cela ne peut pas être autrement. Et à en croire le battement de mon cœur à chaque fois que je suis à ses côtés ou que je pense à elle, cela prouve bien mon attachement. Est-ce des sentiments amoureux ? Sans doute. Je lui caresse tendrement la nuque pendant que je la regarde droit dans les yeux. J'attends une réponse que je pense positive bien qu'elle n'est pas encore ouvert la bouche.

Le jour où je l'ai vu pour la première fois, j'avais de suite cette impression que mes jours deviendraient plus sereins. A nous observer aujourd'hui, sur cette plage qui est notre lieu de prédilection, je trouve que nous sommes chanceux. Le destin a fait que nos chemins se sont croisés et j'ai le sentiment que rien ne pourra nous séparer. Que la fatalité du monde n'abatrappa sur nous tout le malheur, la douleur ou les moments de crises. Ses bras viennent encercler mes épaules nues et je frisonne légèrement. Je n'ai pour l'instant pas lâcher son regard. Je suis d'une certaine façon subjugué par la beauté de son visage et tout autant attentif aux messages qu'elle laisse passer dans ses silences. Avec plaisir. De toute façon, c'est ce que j'avais prévu. Son aveu a le don de me faire un peu plus sourire. J'ai le cœur chaud. Quand elle s'éloigne de moi, j'ai d'abord l'impression de me faire dérober le plus beau des trésors : le plus précieux diamant, un bijou qui vaut plus que toutes les merveilles du monde. Je me laisse faire et de par ses gestes tendres je me retrouve allonger, la tête sur ses cuisses. Je ne ferme pas de suite les yeux mais fini par céder. Bien que je désire la regarder tendrement. Je viens attraper l'une de ses mains et je lie mes doigts aux siens, un sourire en coin, étirant mes lèvres. Je m'endors, tout doucement. Le plus joliement du monde, je rêve sans incomprements. Dans mes songes, tout est volupté et légèreté. Je suis parti aussi tranquillement qu'un oiseau qui s'envole. Mais au lieu de séjourner dans des pays plus chaud en attendant le retour du printemps, c'est la chaleur de l'espoir et d'une renaissance qui a bercé mon sommeil. La possibilité de pouvoir faire quelque chose plus tard à la place de se morfondre de ce que j'ai perdu, reviens. Le visage de Lou m'apparait comme la clef de mes tourments. […] Quand j'ouvre une nouvelle fois les yeux, les rayons du soleil m'éblouient et réchauffent mon torse. Ma main n'a pas lâcher celle de Lou. J'inspire profondément puis m'étire un peu avant de me retourner et de venir encercler sa taille pour me loger contre son ventre. Je reviens à la réalité, sans vouloir quitter le cocon chaleureux de ses bras. Puis après un instant je me décide enfin. Je suis assis et la contemple en silence. J'ai dormi longtemps? Cela fait longtemps que je n'ai pas aussi bien dormi. Merci Lou. Cela faisait longtemps que...que je n'avais pas autant bien dormi. Je ne rajoute rien puisque je sais là où je veux en venir. Je lui tends ma main pour lui permettre de l'attraper. Je l'entraîne avec moi sur la plage et nous restons là un petit moment encore, à marcher les pieds dans l'eau fraîche. Pendant notre balade, le désir qui s'éveille un peu plus chaque jour à le don de me perturber. Je fais en sorte de ne rien montrer, ne pas indiquer qu'elle peut être autant une force qu'une faiblesse pour mon cœur. J'arrête de marcher, l'obligeant à se stopper à son tour. Je voudrai la faire danser avec le soleil ou avec les étoiles. Comme si une douce mélodie s'élève dans le ciel, c'est avec précaution que je viens encercler sa taille pour d'abord l'approcher de moi et venir embrasser son cou. Puis comme un oiseau que je libère de sa cage doré, je la fais tournoyer sur elle-même. Je devine une certaine surprise dans ses iris clairs, je lui souris. Dansons, ma jolie. Les cheveux ainsi détachés, Lou ressemble à une fée. Ce qu'elle dégage à l'instant est aussi magique que l'étincelle qui demeure dans ses pupilles aux couleurs de la mer. Puis sans crier gare, je l'entraîne avec moi, à courir jusqu'à la lisière d'une clairière. Il nous faut peu de temps pour y arriver. Je suis surprit de constater qu'un sourire demeure sur mon visage, sans qu'il n'est l'envie de s'en aller. Je lui lâche la main et contourne un gros buisson avant de venir m'appuyer contre un arbre. J'observe sa progression, sans qu'elle ne me voit puis reviens vers elle pour lui attrapper la main. J'avale ma salive puis avance de quelques pas encore. Son dos heurte un tronc derrière elle et c'est naturellement que je viens épouser ses formes en plaquant mon corps contre le sien. Si la berceuse dans ma tête n'a pas cessé, mon cœur s'émerveille un peu plus. J'ai le souffle court, j'entrouve la bouche avant de la refermet et d'approcher mon visage du sien. Une main sur sa joue, je lui caresse doucement pendant que j'aggripe sa taille. J'ai envie de murmurer son prénom mais la seule force que j'ai c'est de chercher à poser mon front contre le sien et de fermer les yeux. Moment pendant lequel, sans que je ne puisse retenir mon élan, ma bouche vient retrouver celle de Lou. Ma main quitte sa taille pour venir glisser sous le pull que je lui ai préter pour venir presser sa peau entre mes doigts. Le plus tendrement possible, avec précaution. Comme si ce que je détenais entre mes mains était d'une fragilité extrème.

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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Ven 21 Déc - 22:43



chris, lou.



Juste après voir fermé les yeux, sa main attrape la mienne, comme si il avait peur que je parte pendant son sommeil. Cette pensée me fait sourire, il n'était pas question que je parte loin de lui. Chaque jour ou nuit passé sans lui est bien différent de lorsqu'il est présent, c'est moins serein et plus tourmenté. Le voir apaisé m'apaise à mon tour, et c'est naturellement que je viens passer ma main dans son cou doucement, sans vouloir le réveiller. C'est totalement sereine que je veille sur son sommeil, observant l'horizon, les mouettes qui se baladent ainsi que la mer et ses caprices. Je ne sais combien de temps cela fait qu'on est sur la plage, mais le temps ne compte plus, je ne fais pas attention. [...] Je sens du mouvement sur mes jambes et baisse le regard pour observer Chris s'étirer avant de changer de position, et se loger contre mon ventre. Le voir comme cela me fait sourire, on dirait un enfant. Je presse sa main dans la sienne, juste avant qu'il ne se redresse. J'ai dormi longtemps? Je hausse les épaules doucement, le temps ne m'a pas paru si long que ça, et pourtant, je crois que le soleil a baissé dans le ciel. Je n'ai pas vu le temps passer, en tout cas. Le temps ne compte plus lorsqu'il est là. Je sais que que ce soit le jour ou la nuit, je n'aurai pas cette peur constante de l'avenir. Il ne me paraît plus si sombre que ça. Merci Lou. Cela faisait longtemps que...que je n'avais pas autant bien dormi. Ses paroles me rappellent les miennes, et je suis ravie que sa nuit ait été comparable à la mienne. J'attrape sa main tendue vers moi pour le rejoindre debout sur la plage, et profite de notre balade tranquille au bord de l'eau pour savourer nos silences qui ne sont jamais pesants entre nous.

Sans crier gare il s'arrête, sa main me retient. Fronçant les sourcils, je me retrouve vite contre lui et frissonne alors que je sens sa bouche sur mon cou. Ce genre de geste qui provoque des envies irrépressibles de sourire - je ne sais si j'y parviens, mais l'intention est là. Je n'ai pas le temps de comprendre que je virevolte déjà, de la surprise dans mes yeux mais aussi de l'amusement, à voir Chris m'entraîner dans une danse improvisée au beau milieu de la plage. Alors que je pense la danse terminée, je me sens tirée par Chris qui commence à courir. C'est dans un léger cri d'amusement mêlé à un rire que j'essaie de remonter à sa hauteur. Très vite, nous arrivons au bord d'une clairière. Mais alors que j'observe avec des yeux émerveillés l'endroit, le jeune homme me lâche la main et disparaît. J'avance, légèrement perdue et le cherchant des yeux, avant qu'il n'attrape de nouveau ma main. Face à face, il avance et je recule, ne tardant pas à heurter un arbre et me caler contre lui. Chris s'approche dangereusement et sans que je ne contrôle rien, mon coeur se met à battre plus fort. Peut être car j'ai le pressentiment de savoir ce qui va se passer. Tous mes sens en éveil, je sens avec précision sa main sur ma joue et l'autre sur ma taille. Son front contre le mien, ce sont nos souffles coupés qui s'entremêlent. Le temps passe vite et lentement à la fois, tout s'est arrêté au moment où sa bouche effleure la mienne et finit par se poser dessus. Tout s'est arrêté mais surtout, rien d'autre ne compte. Des papillons dans mon ventre s'envolent et mes mains remontent vers sa nuque avant de l'agripper. Appuyant mon dos contre le tronc, je remonte mes jambes et les accroche autour de sa taille. Un geste que je n'avais pas fait depuis longtemps car c'était une sorte d'habitude avec Maël, il me portait souvent comme ça, comme un enfant. Mais ici, le contexte était cependant différent. Chris n'était pas mon frère et notre relation venait d'évoluer à un stade plus élevé qu'une relation amicale. Mes lèvres n'avaient pas quitté les siennes depuis un petit moment, mais à force, le souffle se faisait de plus en plus court et je me détachai légèrement, gardant mon front contre le sien. L'une de mes mains vint dessiner ses traits, sa tempe, sa mâchoire, sa joue. Je ne me lasse pas, et encore moins à cet instant précis, de redécouvrir son visage. Que fais-tu ce soir? En un instant, j'ai envie de lui parler. D'extérioriser la douleur, d'apaiser mon coeur, de mettre des mots sur mes maux. Lui raconter. Mais tout ça, je l'imagine sous une ambiance particulière. Sous les étoiles, à ciel ouvert. Parler pour pouvoir avancer, et pouvoir imaginer un futur plus beau, chose qui paraîssait réellement possible depuis que Chris restait à mes côtés.


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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Sam 22 Déc - 3:20



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



Le temps avait comme suspendu son court. La clairière avait des allures de pays enchanté et mes bras autour de sa taille faisaient office de forteresse autour de Lou. La douceur de ses lèvres me rendait presque dingue. Fou allier. Dès l'instant où je m'étais approprié à la fois son corps et sa bouche, une sensation de légèreté m'habitait. Je caressais à la fois la bordure de ses côtes avant de ramener mes mains dans sa nuque. Ses mains à elle, remontaient d'abord sur mes épaules avant de rencontrer mes cheveux épais. Sans couper court à notre baiser, je l'aidais à se hisser tout contre moi de par mes mains au dessous de ses fesses. Lou encerclait alors ma taille de ses fines jambes pour venir replacer son dos contre le tronc d'arbre. Je la maintenais su mon buste avec tendresse.

J'avais encore moins envie de la laisser partir maintenant. Lou écartais son visage et je venais d'abord rechercher une proximité de ce genre, gardant les yeux clos. Cependant, je laissais de côté mon envie de l'embrasser à nouveau quelques instants pour profiter de ce silence qui avait le don de rendre l'instant le plus délicat possible. Le plus précieux aussi. Avec l'un de ses doigts, elle redessine les traits de mon visage et quand elle passe son index à la commissure de mes lèvres c'est comme si elle dessinait un sourire, qui prenait naissance à cet instant précis. Que fais-tu ce soir ? Je n'arrivais pas à contrôler le battement de mon cœur, ni ma respiration. Je me sentais pousser des ailes. J'avais comme l'impression que papillons remuaient mon ventre. Sensation étrange - mais agréable pour sûr. Je la fixait dans les yeux, prenant plaisir à me perdre dans leur profondeur. Un air taquin habita mon regard. Je me pinçais la lèvre inférieure puis doucement, j'articulais quelques mots. J'ai rendez-vous avec une fille Je marquais une pause pour pouvoir me rendre compte de la façon qu'elle allait agir.. puis riait doucement. Une main sur sa joue, je remettais une mèche de cheveux derrière son oreille. Quelqu'un m'a dit qu'elle était belle ! Une autre pause. Tu penses que j'ai mes chances de lui plaire ? Un sourire. Je la rendrait heureuse, je ferai d'elle la femme la plus chérie au monde. Ce désir de goûter une nouvelle fois à ses lèvres me prit. A la place, je la serre contre moi, mon visage nichait dans ses cheveux. Je respirais son parfum et lui caressait les cheveux. Je la reposais à terre, à contre cœur puis lui prit la main. Le soleil ne nous attendra pas. La journée était passée si vite. J'avais dormi aussi longtemps, sans doute. Mais d'abord, allons manger un morceau et...chercher des vêtements plus chauds. Nous marchions jusqu'à la pension où en plus de nous vêtir plus, nous mangions en tête à tête le repas du soir. Et puis on s'évadaient encore, tandis que d'autres allaient se coucher. On revint rapidement sur la plage où nous, nous installions toujours à la même place - où j'allumais un feu pour nous tenir chaud malgré qu'ainsi couver dans mes bras, Lou pouvait qu'avoir du confort. Je lui baisais la joue et lui caressait la nuque, son dos contre mon torse et nos jambes entremêlées. Comme si c'était un enchantement, j'avais l'impression que ce soir, on ne se contenteraient pas de silences et de regards mais aussi bien de mots sur notre passé. Sur notre douleur. Le prénom de ma petite sœur, me brûlant les lèvres. Le bois sec crépitait ainsi léchait par les flammes. Elle.. Je ne savais pas par où commencer. Elise était ma jolie chasseuse de papillons... Un petit sourire étirait mes lèvres. Je veillais sur elle comme le plus précieux des trésors. Elle était la deuxième femme que j'aimais le plus au monde avec ma mère. Quand je l'ai perdu, je suis allé fracassé John pour le punir d'avoir tuer ma sœur dans un accident de voiture. Mais... Les larmes me montaient, la voix devenait plus secouée. ...ça ne m'a même pas soulagé de l'absence de Elise...j'ai pourtant taper fort mais non...ça n'a pas ramené ma petite sœur. Je venais plaquer ma joue contre celle de Lou avant de venir nicher mon visage dans ses cheveux pour essayer de contenir mes pleurs. Je...je n'ai pas tenu ma promesse. Je ne l'ai pas protégé. Et jamais je ne me pardonnerait ce faux pas... Je sanglotais pour de bon...resserrant plus que jamais Lou contre moi.



Dernière édition par Chris Sinnoey le Sam 22 Déc - 13:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Sam 22 Déc - 12:49



chris, lou.



Un sourire se dessine sur ses lèvres et le voir comme ça me rend heureuse à mon tour. J'ai l'impression de doucement goûter de nouveau au bonheur, de me sentir protégée, agrippée comme cela au jeune homme. Comme si, sans prononcer un mot, il m'assurait que plus rien ne nous arriverait. Et je le croyais. A cet instant précis, l'espoir redoublait d'intensité et semblait réel plus que jamais. J'ai rendez-vous avec une fille. A son air amusé je compris, mais voulant rentrer dans son jeu, je finis par faire une fausse moue boudeuse, comme déçue. Mais je ne l'étais pas le moins du monde, sachant que cette fille dont il parlait n'était autre que moi. J'aurai eu du mal à accepter que cette fille soit réellement quelqu'un d'autre d'ailleurs, surtout après les moments que l'on venait de passer. Illogique et irrationnel. Mais ce n'était pas le cas, bien heureusement. Quelqu'un m'a dit qu'elle était belle ! Tu penses que j'ai mes chances de lui plaire ? Je la rendrait heureuse, je ferai d'elle la femme la plus chérie au monde. Un rire, léger comme un papillon, s'échappait de mes lèvres. Il continuait son jeu et sans pouvoir le contrôler, cela m'extirpait un rire. Toujours aussi amusée, je finis par redessiner certains traits de son visage à nouveau, avant de répondre. Je pense que tu as tes chances, et puis, elle se sentira sûrement chanceuse de t'avoir à ses côtés. Façon détournée de lui dire ce que je pensais réellement. Le serrant une dernière fois contre moi, mon visage calé contre son cou, je finis par mettre de nouveau un pied à terre. Il avait raison, il faut qu'on rebrousse chemin pour ne pas être piégés par la nuit qui tombe bien trop vite. Ma main fut ravie de retrouver la chaleur de la sienne, et tout au long de notre tour à la pension, je ne réalisai pas vraiment qu'on avait passé tout ce temps ensemble. Comme quoi les moments passés ensemble semblaient hors du temps, complètement hors de la réalité. Mais à sentir sa main serrée à la mienne, je sus que tout cela était bien réel, pour mon plus grand bonheur.

Une fois arrivés à la pension, nous prîmes des vêtements un peu plus chauds pour la nuit, je pris le soin d'emporter une couverture, et à peine après voir fini de manger, nous repartîmes direction la plage, à notre endroit. La plupart de ceux résidant à la pension partaient se coucher à cette heure là, et n'étaient pas surpris de nous voir repartir vers la plage. Lorsque j'étais arrivée à Almayer, je n'arrivais pas à passer les nuits dans une chambre noire. Je ne m'y sentais pas du tout en sécurité, et préférai passer une nuit blanche sur le sable, observée par les milliers d'étoiles dans le ciel. Le feu crépitait devant nous et c'était un beau spectacle à voir. Les flammes passaient par plusieurs nuances de jaune, orange, rouge, et ne manquaient pas de nous réchauffer. Calée contre le torse du jeune homme, je me sentais bien, apaisée. Je fermai un instant les yeux pour n'être plus que bercée par ses baisers. Un silence toujours, mais qui ne dura pas autant que d'habitude. J'entendis sa voix s'élever près de son oreille, et je devinai au ton de sa voix qu'il abordait un sujet que nous n'avions jamais abordé encore. L'ambiance du feu et des étoiles l'avait ainsi inspiré à en parler, comme je prévoyais de le faire - à croire qu'il avait lu dans mes pensées. Je l'écoutai sagement, patiemment. Au fur et à mesure, il se dévoilait, ainsi que la nature de sa douleur. Mon coeur se serrait à entendre sa voix se briser, et je serrai ses mains dans les miennes. Un accident de voiture.. Son histoire me rappela la mienne. Nous avions vécu à quelques détails près la même chose. Notre douleur avait la même origine, celle de la perte d'un être cher avec qui nous avons un lien fraternel, dans un accident de voiture. Je me tournai légèrement, de façon à pouvoir poser mon front contre sa tempe. D'un geste doux, je plaçai ma main sur sa joue, cherchant à apaiser ses sanglots et effacer ses larmes. Je restai un instant sans rien dire, les mots n'étaient pas forcément nécessaires dans ses moments là, il savait que je comprenais. Je finis par inspirer longuement. Il.. Il s'appelait Maël, c'était mon frère jumeau. Une autre inspiration, pour essayer de contenir ma voix qui semblait se briser à chaque mot. Lui aussi, c'est un accident de voiture qui l'a pris. On a tout fait ensemble, on était tout le temps ensemble. Et d'un jour à l'autre, la mort me l'a arraché, une partie de moi était partie. Alors je suis venue ici, et presque chaque soir je venais ici, sous les étoiles. Je les contemplai, me disant qu'il était sûrement parmi elles. Je posai ma tête dans son cou, tournant mon regard vers le ciel qui arborait ses étoiles les plus scintillantes. Elise est sûrement là haut, elle aussi. Si ça se trouve, ils sont à côté. Et veillent sur nous. Je crois qu'il ne fallait plus qu'on se dise qu'ils n'étaient définitivement plus là, mais plutôt que quoiqu'il arrive, ils seront toujours là, quelque part. Dans le ciel, dans notre tête, dans notre coeur. Nous avions peut être fait une erreur en ne les protégeant pas assez, mais ce soir j'étais désormais convaincue que je me rattraperai, et que je veillerai sur Chris plus que jamais.
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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Ven 4 Jan - 18:30



l'enfant dô

douce nuit

▌▌



Au temps de notre rencontre, pendant toutes ces nuits qui filaient, je la regardais et je n'arrivais pas à donner un nom à ce que je lisais sur son visage et qui, je le savais, était son secret. Ce soir-là, tandis que l'obscurité avait enveloppé toute la plage et ne nous permettaient plus de voir l'horizon bleuté et scintillant, j'étais conscient de la douleur qui l'habitait. Les maux de Lou, étaient semblables aux miens. Ma main posée dans son cou, j'avais retrouvé un semblant de calme pour pouvoir l'écouter à son tour, jusqu'à son ultime phrase. Lou avait perdu un frère, j'avais perdu une sœur. Si je savais depuis toujours que nous, nous ressemblions, je ne pensais pas que c'était autant - même dans la tristesse. Etait-ce la raison pour laquelle on c'étaient trouvés ? Serait-il possible d'envisager que notre rencontre avait existé grâce à l'aide de Maël et de Elise ? J'aimais penser cela. Ça donnait à notre vie, encore plus de sens. Tout était rationnel au fond. Elise est sûrement là haut, elle aussi. Si ça se trouve, ils sont à côté. Et veillent sur nous. Mon cœur manqua un battement. Il en fallait peu pour qu'on se comprennent Lou et moi. Cela devenait plus rassurant encore de savoir qu'il y avait sur terre, quelqu'un de fusionnel pour nous-même. Lou, était ma moitié, elle était tout ce dont j'avais besoin pour garder la tête sur les épaules, voir plus loin et ne pas m'accrocher au passé. Dire au revoir au temps d'antan, dire bonjour au futur qui nous frôle.

Bien que nous ne voyions rien, nous étions conscient de la force qu'avaient la mer à cette heure. Sa danse, le tourbillon des vagues, son courant seraient capables d'emporter quiconque à la dérive. Tout comme quand l'océan est calme, envahir d'une douceur, tout homme qui aurait la chance de le regarder.

D'une douce façon, je délie nos mains pour venir encercler sa taille et accrocher ses lèvres dans l'instant qui suit. Je la tiens contre moi, là où elle possède sa place. C'est la plus belle façon que j'ai à travers ce deuxième baiser de la couver de réconfort et d'affection. Je suis gourmand à l'idée de la posséder toute entière et plus fier encore quand je sais que c'était une réalité et non pas un rêve. Tendrement mienne, je suis sien à présent. Je lui ai promit d'être là pour elle et cela jusqu'au dernier jour, où je me plait à nous savoir vieux qui sait. Surtout amoureux. Je ne pense pas à cet instant où elle me perdra, pour continuer seule son chemin jusqu'à venir me rejoindre dans une antre plus douce encore que notre cocon parfaitement entretenu. [...] Je la libère mais non pas de la chaleur de mes bras, le souffle court et le sourire sur le visage. J'ai encore les yeux humides par l'émotion mais pétillant de l'émoi que j'ai pour Lou. J'avais perdu la notion du temps. L'idée aussi que quelqu'un puisse m'attendre quelque part. Je marquais une pause. Mais ça...c'était avant. Tu es là, plus vraie encore que dans mes songes. Le temps file et j'ai envie de passer chaque seconde à tes côtés. Tu m'as ouvert les yeux vers un demain plein d’espérances mais aussi ton cœur, par la tendresse que tu veux bien me vouer à ton tour. Avais-je été poétique autrefois ? Je ne sais pas mais auprès de ma mère et de ma sœur, si. A ce jour, c'est Lou qui en avait la chance. Je la chérissais affectueusement aussi. Et mes mots étaient tout sauf faux.

J'échouais, mes lèvres dans son cou, sa main sur mon cœur afin qu'elle se rende compte de l'écho qui veille à mon bonheur.

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MessageSujet: Re: l'enfant dô w/lou   Sam 12 Jan - 16:21



chris, lou.



J'ai le sentiment que malgré notre impression d'avoir fait des erreurs, Maël et Elise nous donnaient une chance d'être heureux - j'avais eu pourtant la douloureuse sensation que je ne pourrais jamais plus l'être sans mon frère à mes côtés, la douleur étant trop forte. Et pourtant. J'avais trouvé une âme soeur. Chris. La même douleur nous avait envahi, le même chagrin. Nos chemins se sont croisé à la pension, puis sur la plage - j'ai alors envie de croire au destin. Envie de croire que Maël et Elise se seraient rencontrés, là haut, et veilleraient sur nous à présent. Envie de croire qu'ils nous donnent la possibilité d'être heureux. Envie de croire en Chris, envie de croire en nous. Oui, car à présent ce n'était plus moi seulement, c'était Nous.

Ses bras matérialisaient à nouveau la tour dans laquelle je vivais en présence de Maël. Ce dernier faisait le gardien, et les démons, les noirceurs, les idées noires, les cauchemars, rodaient autour de la tour, mais ne m'atteignaient jamais. Et puis, ils ont fini par s'infiltrer quand le gardien est parti - ils ont fini par envahir les couloirs, le dessous de mon lit, pour faire naître chez moi ce que je n'avais jamais connu. La peur. Je voulais que Chris sache à son tour que je ferai du mieux que je peux pour le protéger lui, ainsi que le monde dans lequel nous vivions depuis quelques heures. Que maintenant que nos prénoms se sont réunis en un nous, il était impensable que je le laisse tomber. Lui dire que dans ma vie, il ne serait jamais trop. Que ce sera lui et pas un autre.

Les doigts se délient mais les bouches se rassemblent, doucement. Comme une réponse à mon récit, parce qu'il a compris, tout comme moi, que nos maux sont les mêmes. Et que finalement, tout cela nous rapproche un peu plus. Et puis, des mots qui s'envolent. Légers comme des plumes, qui viennent doucement chatouiller mes oreilles. De la poésie. Mes doigts retrouvent les creux entre les siens, là où ils ont pris l'habitude d'être. Mes lèvres veulent s'élargir dans un sourire - lui montrer le bonheur qui revient. Qui renaît doucement dans les entrailles, qui filent dans les veines. Un silence, léger, lui aussi. Je t'attendais. Et je suis là, maintenant. Lui dire que où il partira, je serais derrière lui, marchant dans ses pas. Lui dire que partout où j'irai, il sera dans mes pensées. Mes rêves. Peut être que ce n'est qu'un rêve. Mais je n'y crois pas une seconde. Attends... Mes lèvres rejoignent les siennes une nouvelle fois, utilisant ce prétexte pour regoûter au gout salé de ses lèvres, encore, encore. Non, c'est bien la réalité. Et, aurais-tu été poète dans une vie antérieure? Tu ne m'avais jamais parlé de ce don. J'aimerais moi aussi savoir faire de la poésie, pour te dire avec des mots encore plus beaux comment j'attends demain avec impatience, parce qu'on sera encore ensemble - et puis passer le reste de mes jours à tes côtés. Et puis combien l'avenir semblerait bien gris sans toi. Sans ta poésie. Sans tes mots. Sans ton amour. Mais je vais essayer de te dire tout ça - peut être pas aussi bien que toi, mais si ce n'est pas de la poésie, cela restera toujours de la sincérité. Mon coeur, ma tendresse, mes gestes, mon âme, mes sourires, mes rêves.. Ils sont tiens. Et ce, pour un nombre de jours illimité.

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